Tableau

Longtemps ce mot n’a évoqué dans ma petite tête que le panneau mural noir, sur lequel on écrivait à la craie. Plus tard, alors que le support mural pour pendre les clés n’existait pas chez nous, que le tableau d’affichage n’était pas encore un moyen de communication et que le tableau de bord de l’Aronde ne m’inspirait pas autre chose que de la curiosité quant à la vitesse à laquelle nous roulions, est arrivée, en cadeau pour l’achat d’une salle à manger complète chez un marchand de meubles du nord du département, la seule œuvre picturale encadrée que je n’ai jamais vue accrochée à un quelconque mur des adresses successives que nous avions occupées. Cette reproduction d’un Millet (1814-1875) dont je ne saurais préciser s’il s’agissait de l’Angélus ou des Glaneuses, a toujours été posée sur le dessus du buffet et ainsi soustraite à la curiosité de nos petites mains pas toujours très propres ! J’ignore qui en a hérité et si elle a enfin connu le confort d’un mur accueillant ou bien fini dans une quelconque cheminée !

Ce sera donc cette photo scolaire d’un temps révolu, au visage masqué par mes soins, qui illustrera mon propos du jour, car n’étant que rarement sensible à une croûte sur une toile, fut-elle La Joconde (dont la notoriété m’étonnera toujours), il n’y a qu’un chemin dans une forêt automnale (véritable mais non coté), sur un mur chez moi (que je m’étais promis d’encadrer un jour prochain, mais pas encore arrivé) qui ait trouvé temporairement grâce à mes yeux… et dont je m’interroge parfois sur l’opportunité d’un ajout (ou pas) de ma part d’animaux non vus par l’artiste originel ! L’émotion picturale doit être initiée dans l’enfance ou elle n’est pas, une chouette tapisserie de Lurçat (hors de mes moyens) me parlera davantage que le tableau Excel que je remplis tous les jours soigneusement ! 😉

Bon samedi à vous ! ♥

LPDM # 36 / Blanc

Nouvelle année et nouveaux thèmes chez Oth67

… même si ce bleu sur le blanc de ma page me fait penser à un silence assourdissant ! 😉

Blanc en hiver, me fait penser au Noël qui a failli être blanc chez moi puisque j’ai vu, l’espace de 5 minutes, en ouvrant mes volets flotter quelque chose de louche entre le ciel et la terre qui se liquéfiait au contact du sol ! Raté donc !

La gourmande que je suis pensera aussi au blanc-manger coco mais dont j’apprends qu’il est plus ancien sans cette noix que la recette antillaise que je connais, promis, je testerai un jour la recette de Jeanne chez Julie ! 😉

Blanc ce sera chez moi quelque chose que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, vu qu’ils ignorent ce que fut la VPC, le commerce via La Poste qui nous proposait, en Janvier, le Mois du Blanc. Comme je suis un brin conservatrice, j’en ai retrouvé une trace (de 2018, soit bien après l’âge d’or de la VPC) dans les papiers non encore éliminés d’une de mes cachettes secrètes !

Autrefois, le linge de maison que l’on s’offrait lors de ces soldes était blanc, en lin ou en coton ! Avec l’évolution vers encore plus de mercantilisme de notre société de consommation, même le blanc ne l’est plus, détrôné par la couleur dominante qui permet les modes, même pour les motifs, et donc d’occulter l’essentiel au profit de la pacotille…

Cadeau, ce retour au blanc des montagnes, par le chœur Belfersingers découvert lors de la veillée de mon Noël pas blanc, sur ma radio en ligne préférée…

… qui diffusait une interview d’une représentante (attachée de presse ?) avec force extraits, un très bon moment ! 😉

Très belle journée à vous ! ♥

Livraison

Mon dernier passage à la boîte à livres locale (évoqué ici) fut assez décevant, mais j’avais quand même ramené à la maison une lecture récréative et un classique auquel j’avais échappé pendant ma scolarité, à l’époque il m’aurait barbée parce que pour l’apprécier réellement, il faut avoir vécu !

Mariage blanc, place Rouge, signé José-Alain Fralon, c’est de l’humour qui se veut belge, comme son héros, et date des années 80. Il ne ferait même pas rire un jeune lecteur d’aujourd’hui (ce qui avait une infime signification dans la société d’il y a 40 ans ne veut plus rien dire en 2026), un livre que l’on ne peut même pas recycler en objet de décoration parce qu’il n’a pas de couverture rigide et qu’il pue le papier moisi, la boîte prenant l’eau suivant la direction du vent (nous n’avons pas, à mon grand regret, le respect du livre en-dessous de la Loire) !

Quant à Qu’elle était verte ma vallée ! signé Richard Llewellyn, il est en bien meilleur état, protégé par une couverture plastique transparente, signe d’une appartenance à une bibliothèque municipale d’un village des environs sur laquelle je vais enquêter (s’il est bien déclaré manquant chez eux, je le leur renverrai *). Je dirai de lui que c’est un livre qui ne mérite pas d’être découpé, car il se déguste depuis les premières lignes en parfait accord avec ma sensibilité du moment, en passant par une découverte physiologique parfaite de délicatesse, la chorale locale qui se produit devant la Reine Victoria, mais dont je ne retiendrai que deux savoureuses recettes (on s’en lèche les babines rien que de les lire) de cuisine populaire du Pays de Galles :

Le bouillon au brandy

… et le potch

Le héros a grandi, son cercle familial s’est éparpillé ailleurs dans le monde, les parents ne sont plus là (rien n’est dit sur le départ de la mère), et lui, en faisant son discret balluchon pour s’éclipser sans tambour ni trompette, vers son ailleurs dont nous ne saurons rien, se remémore sa jeunesse avec son lot de souvenirs lumineux ainsi que des plus sombres, l’évolution de la société vers un modèle économique de marché dont nous mesurons pleinement les travers un siècle plus tard, la pollution du crassier qui ensevelira définitivement la maison de l’enfance dans la vallée !

Ce qui m’a un peu perturbée : les prénoms gallois auxquels je ne suis pas habituée et qui ne me permettent pas de savoir s’il sont masculins ou féminins, l’apport par l’éditeur d’un supplément (illustré de photos pour la plupart signées Roger-Viollet) de 11 pages sur la mine et ses gens avec une référence au Germinal de Zola alors que j’étais encore outre-Manche ! 😉

Portez-vous bien ! ♥

*Enquête terminée, j’ai bien considéré le tampon de la bibliothèque sur la page de garde et l’illustration rouge en son intérieur n’est pas celle stylisée des toits du village, mais la mention : Exclu des collections, signe qu’il n’avait pas été lu depuis longtemps !

Envie d’ailleurs ?

Il suffit de se laisser emporter par cette très vieille mélodie…

Karolina Cicha & Company – Sahyszłar [Rêves / Pensées] from Karaim Music Map

Extrait du concert de lancement de la Carte musicale karaïte,

Forum national de la musique de Wrocław,

le 7 octobre 2021

Karolina Cicha : chant, accordéon, piano avec Spółka, son ensemble composé de : Patrycja Betley : percussions ; Mateusz Szemraj : dulcimer, saz, oud, kantele ; Karolina Matuszkiewicz : kemanche, violon ;

et, en invité : Michał Kuliczenko au chant

Le voyage, une ballade de 1913 sur l’attente de l’amour, composée par Mojsiej Pilecki (1874-1938) sur une musique de : E. Juchniewicz, est gratuit ! Très bonne semaine à vous ! ♥

Hiver

Sa première vraie offensive chez moi a été le dimanche 4 janvier, où, dans les brumes matinales, le soleil m’est apparu comme une lune à 10 heures du matin, laissant deviner quelques arbres blanchis par le gel, puisque de retour de ma sortie du jour, chaudement vêtue, le thermomètre extérieur affichait toujours -3°C, ce que j’attendais de pied ferme pour l’éradication de quelques nuisibles !

Pas de rose à Noël pour moi cette année, par contre il restait, ce 4 janvier, quelques fleurs sur le Magellan que je vais pouvoir tailler sévèrement courant février ! Comme chaque année, les arums sont cuits par le gel et j’ai un peu peur pour l’hortensia dont j’avais rabattu les branches malmenées par les canicules de l’été en novembre, tout ce qu’il lui restait de vert est gelé… 😉

Très bon samedi à vous ! ♥