Lâcher les chiens d’Antonin Feurté

Editeur : Paulsen

L’un de mes centres d’intérêt et l’une des chances quand on est blogueur est bien de pouvoir découvrir de nouvelles plumes via des premiers romans. Outre le sujet qui m’intéressait, j’ai tout de suite accepté la proposition de Service de Presse quand j’ai appris l’âge de l’auteur, 23 ans ! En fouillant un peu, j’ai découvert qu’il avait étudié un master d’écriture créative à Toulouse et récompensé lors du concours de nouvelles organisé par les éditions Paulsen en 2024, avec Des Villages qui Brûlent (en accès libre ici).

Valère a ouvert les enclos enfermant les chiens.Il a déclenché l’alarme. Il a mis son paquetage sur le dos. Puis il a pris la route. Depuis dix années qu’il travaille au chenil, il a supporté les railleries de ses collègues, le harcèlement du Sup, son patron, et il a réalisé les tâches qu’on lui confiait, nettoyer les enclos plein de merdes de chiens. Mais aujourd’hui, c’est fini, il part en direction des montagnes.

Son père l’a éduqué, les randonnées en montagne, les gestes de survie, les maniements des armes mais aussi l’art de se dépasser, de faire plus, de faire mieux, et aussi se méfier des autres. Alors, il monte la montagne, mètre par mètre, harassé par la masse du paquetage, essoufflé par le manque d’oxygène, et lesté par le poids des souvenirs, de sa mère, son père et de Lisa et leur petit garçon.

Ce jeune homme (je peux me le permettre, il pourrait être mon fils, voire mon petit-fils !) a des couilles. Prendre pour sujet de son premier roman une cavale est une sacrée gageure avec le risque de lasser le lecteur. Comme beaucoup de premiers romans, il est écrit à la première personne du singulier et Antonin Feurté a un seul personnage à gérer. La difficulté est de faire croire à Valère et ça marche.

On part donc en randonnée avec un garçon élevé principalement par un père imposant et exigeant, lui demandant d’être le plus fort, lui enseignant les élémentaires de survie. Atteint de scoliose très jeune, il a subi les railleries de ses camarades de classe et à nourri au fil des années une paranoïa aiguë. Malgré sa rencontre avec Lisa, la marmite continue à bouillir jusqu’à ce jour fatal …

Et il s’agit bien du suspense du roman, qui reste sous-jacent tout au long de ces 270 pages. Que s’est-il passé pour sa mère ? pour son père ? pour sa famille ? au chenil ? on peut effectivement imaginer des issues noires et dramatiques, mais l’auteur va nous tenir en haleine en levant le voile petit à petit dans une intrigue non linéaire, ce qui est, je dois bien le dire, une divine surprise.

Ce premier roman impressionne par sa maitrise et sa capacité à nous garder concentré sur ce personnage et son histoire, nous le montrant escaladant sa montagne, sachant que sa chute en sera d’autant plus brutale. Certains chapitres sont titrés sur la hauteur de la montagne, d’autres sur le temps avant l’impact. Et la plume se veut introvertie sur Valère, et observatrice de la faune et la flore. Antonin feurté met un pied dans le Nature Writing à la française. Bienvenue à lui, il a un sacré potentiel !

Eiao de Marin Ledun

Editeur : Au Vent des Îles

L’année dernière, Marin Ledun nous emmenait aux Marquises, suivre une enquête menée par le lieutenant Tepano Morel, de la police de Papeete. On savait de lui qu’il était un « demi», fils d’une Marquisienne et d’un père métropolitain.Le roman s’appelaitHenua. Marin Ledun nous propose de partager quelques moments avec Simone, la mère de Morel.

25 juillet 1972, Anaho, Nuku Hiva. A 19 ans, Simone s’apprête à quitter ses parents et son village pour aller travailler à Eiao, où elle a décroché un poste de cuisinière. Son employeur est l’Arvecom, une société spécialisée dans le forage minier. Mais des bruits courent qu’il s’agirait en réalité du Centre d’Expérimentation du Pacifique, chargé des recherches sur les bombes atomiques.

Elle prend place à bord de l’Ouragan et quitte pour la première fois son île natale. Simone partage une cabine avec quatre Marquisiens et une femme Hinenao avec qui elle sympathise vite, d’autant plus qu’elles travailleront ensemble. La cantine devra nourrir les ingénieurs de forage mais aussi de nombreux légionnaires. Pendant le voyage, elle fait aussi la connaissance de Tahi, un marquisien qui semble en savoir beaucoup.

Un roman humain. Marin Ledun imagine la vie de la mère du lieutenant Morel dans ce court roman. Il arrive en peu de pages là où d’autres en auraient proposé des centaines à nous faire vivre ces Marquisiens utilisés comme des esclaves. Pour cela, il utilise ce qu’il sait faire de mieux : se positionner à hauteur d’Homme.

Un roman d’amour. Malgré le contexte pesant, connu de tous mais trop vite oublié, Marin Ledun nous narre les forages en nous montrant comment les populations sont plongées dans l’ignorance et l’incertitude. Imaginer ces populations qui ne savent pas à quoi vont servir les forages et qui voient des bombes exploser alentour me remplit de rage. Mais ce qui ressort de ce texte, c’est bien l’histoire d’amour entre Simone et Tahi.

Un roman de mort. Avec un style volontairement neutre, Marin Ledun nous fait partager leur quotidien fait de gestes simples et de révolte. Et même si on se doute que cela va mal se terminer, il arrive à nous surprendre avec une conclusion pleine d’amertume où une vie humaine ne suffit pas à arrêter la machine de la science.

Un roman pour la mémoire. Marin Ledun nous offre un texte fort en émotions pour que l’on n’oublie pas ces essais, ces populations à qui on donnait parcimonieusement de l’eau, juste assez pour qu’elles ne meurent pas, ces populations à qui on a fait subir des radiations sans leur dire. Un bien beau texte nécessaire à la mémoire collective.

14 juillet de Benjamin Dierstein

Editeur : Flammarion

Attention, Coup de cœur !

Ce billet est dédié à Rémi Fouinat, mon voisin, qui est mort le 8 janvier 2026. Il n’a aucun rapport au sujet de ce roman mais son décès est survenu pendant ma lecture. Il était le genre de personne simple, toujours prête à rendre service, il faisait partie de la famille.

Attention, Coup de cœur !

J’aurais tant aimé que cela ne se termine pas. Et pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence, après le flamboyant Bleus, Blancs, Rouges, l’étincelant L’étendard sanglant est levé, 14 juillet vient clore de brillante façon cette trilogie sur les années du terrorisme en France de 1978 à 1984, de la chute de Giscard aux premières années Mitterrand. Il faut prendre ces trois tomes comme un tout, une gigantesque fresque de la France post-crise pétrolière, embringuée dans des attentats dont les commanditaires suspects sont nombreux.

14 juillet 1982. La réception dans les jardins de l’Elysée bat son plein, et tout le monde se retrouve à discuter de choses et d’autres quand Mitterrand arrive. Toute sa cour accourt et tombe sous le charme. Plus tard, il organise une réunion avec les RG et la PJ, qui s’inquiètent de sa sécurité. Mitterrand se tourne alors vers Jacquie Lienard et lui demande son avis. Si la menace est latente, elle répond ne pas juger le risque critique. Mitterrand décide malgré tout de créer son propre service de protection. Puis il prend Jacquie à part et lui demande un service : trouver un homme qui harcèle l’amante de Jacques Attali.

9 août 1982. Jean-Claude Verhaeghe et Jacquie se retrouvent après une séance passionnée. Il ne veut pas quitter sa femme mais devient de plus en plus amoureux de Jacquie. Jean-Claude lui partage une information, une liste d’armes qui ont été livrées par une dénommée Paulette D. Jacquie est persuadée qu’un attentat se prépare mais Paulette D. est inconnue des services de police. Alors qu’elle se rend au bureau, le service des Renseignements Généraux semble en effervescence. Elle apprend qu’un attentat vient d’avoir lieu Rue des Rosiers, en plein Marais. Elle se rend sur place et constate avec effarement les corps, déchiquetés par des grenades et des pistolets mitrailleurs Wz 63, la marque qui figurait sur la liste de Paulette D.

17 août 1982. L’attentat a profondément marqué l’opinion publique et tous les effectifs de police travaillent dessus, en privilégiant la piste d’Action Directe. François Mitterrand prend tout le monde de court en exigeant la création d’une cellule antiterroriste, ne dépendant que de l’Elysée. Christian Prouteau en prend la directionavec son adjoint Paul Barril. Jacquie sera chargée de la partie Renseignements. Les RG connaissent Michael Plunkett, trafiquant d’armes pour l’’extrême gauche et les groupes palestiniens et qui récolte de l’argent pour l’IRA. Ils décident de faire une descente chez lui, mais ne trouvent que deux irlandais et pas d’armes. Ils vont donc amener des armes, dire qu’ils les ont trouvées sur place, et inculper les nationalistes irlandais.

Etonnamment, le premier quart du roman va être consacré presque exclusivement à Jacquie Lienard. Nous allons la suivre dans ses enquêtes mais aussi découvrir sa personnalité qui se révèle complexe, écartelée entre sa loyauté envers son travail, sa volonté de grimper dans la hiérarchie et déprimée par sa situation personnelle de solitude, puisque son amant Jean-Claude Verhaeghe est marié. J’ai trouvé cette partie fascinante, et cela commence par cette réception du 14 juillet qui est tout bonnement géniale, tant par le contexte que les dialogues brillants. Puis nous allons suivre sa descente aux enfers, la voir s’enfoncer dans sa paranoïa, se noyer dans sa dépression pour finalement se faire manipuler par les gens de pouvoir que rie ne peut atteindre. Presque 300 pages de pur plaisir !

Ce dernier tome est indéniablement centré sur ses personnages principaux (Lienard, Gourvenec, Vauthier et Paolini) et leur descente aux enfers. Chacun a profité de la situation anarchique pendant cinq années de 1978 à 1983, et chacun va en payer l’addition, chacun va en subir les conséquences. Porté par une documentation impressionnante, Benjamin Dierstein construit une nouvelle fois un scénario vertigineux et mène une intrigue rigoureuse en malmenant ses personnages dans un jeu de massacre presque sadique, comme une allégorie moderne du mythe d’Icare.

Et quand on prend du recul par rapport à ces trois tomes, ce 14 Juillet se place naturellement comme le bouquet final d’un feu d’artifices qui dure tout au long des trois fois 800 pages, avec une constance et une cohérence juste incroyable. Cette trilogie ne peut que ravir tous les lectuers, même les plus exigeants, des amateurs d’enquêtes, de Roman Noir, de scènesde guerre, d’histoires mafieuses, de police corrompue (ou pas), de la politique et leurs petits arrangements, de l’Histoire, de la Géopolitique, de la stratégie, de construction romanesque originale rarement vue chez nous, du journalisme sous la coupe du gouvernement, des magouilles des uns et des autres, des personnages forts ou des scènes inoubliables. Cette trilogie ressemble pour moi à trois pavé parfait.

Comme benjamin Dierstein le dit en préambule, : « Rien de ce qui suit ne s’est passé de cette façon. Tout aurait pu se passer de cette façon. Et pourtant, rien. ». Tout ceci est et reste de la fiction. Il n’a pas écrit un pan de l’histoire contemporaine de la France mais SON histoire contemporaine de la France. Et il a positionné la barre tellement haute qu’il sera difficile de faire mieux, ou même aussi bien. A part Frédéric Paulin et Dominique Manotti, je ne connais personne de ce niveau en France. Dès la première semaine de 2026, Benjamin Dierstein nous propose déjà l’un des meilleurs romans de l’année.

Coup de cœur !

Lazar de Jérémy Bouquin

Editeur Kubik

J’ai acheté ce roman avec l’envie de le lire avant la fin de l’année. Et quoi de mieux qu’un bon polar rythmé pour finir l’année. Franchement, je considère Jérémy Bouquin comme une valeur sûre, son style me convient parfaitement et une nouvelle fois, il fait mouche avec moi pour ce roman-là.

Après L’ange de la cité (que je n’ai pas lu), retour dans la cité virtuelle des Martyrs, gangrénée par tous les trafics imaginables. Rocco et Lazar font partie de la BAC et travaillent principalement de nuit, chargés de faire régner le calme. Lors d’une intervention dans un immeuble squatté, situé en face du Quartier Général d’un gang black, ils découvrent un homme blanc blessé mortellement au ventre.

Après avoir sécurisé l’appartement, ils découvrent une jeune femme effrayée qui s’est cachée, et un sac plein d’argent liquide. Rocco décide de cacher le sac dans la salle de bains, derrière une latte, et les deux lascars attendent la Police Judiciaire. En sortant, ils tombent sur l’inspecteur Gilda Rome, de l’IGPN, qui veut comprendre ce qu’ils font là, mais l’échange doit être écourté quand les habitants du quartier prennent pour cible les pompiers et la police.

Pendant que leurs collègues policiers répondent aux jets de pierre par des grenades lacrymogènes, ils s’éclipsent pour un rendez-vous avec Tiny le chef du gang. Ce dernier leur demande de trouver l’identité du mort, un blanc, qui n’a rien à faire dans le quartier. Le lendemain, Rocco et Lazar doivent accueillir Delgado, une jeune femme qui va remplacer Gérard, leur collègue tombé au combat. Mais pour Rocco tient à récupérer le sac empli d’argent qu’il a caché.

Une nouvelle fois, je me suis fait avoir avec ce roman. Jérémy Bouquin a l’art de créer des personnages sombres dans des univers glauques, et il nous lance ici dans une course poursuite épuisante. On va suivre nos deux personnages au sprint sans avoir un moment de répit, deux flics qui en croquent et qui vont s’enfoncer petit à petit dans un cercle infernal à force d’embrouillaminis et de mensonges.

Etrangement ce roman m’a fait penser à la série télévisée The Shield, l’une de mes préférées, tant les situations auraient pu servir de base pour un des saisons. Et je me demande si The Shield n’a pas servi de base à la construction de ce roman, tant je voyais Vic McKay sous les traits de Rocco. C’est vous dire le niveau !

Si le scénario est connu, déjà vu, ou presque, tout tient dans le style, le rythme pulsé incessant qui font penser à des directs du droit à l’estomac du lecteur. J’ai l’impression, moi qui ai lu beaucoup de romans de Jérémy Bouquin, que ce roman est le plus travaillé au niveau du rythme, des phrases hachées comme des battements de basse sur un air de rap, des scènes d’action éprouvantes. Et il tient le rythme jusqu’au bout, ce qui donne un résultat impressionnant. Excellent.

Le retour du Concierge Masqué

Après quelques années d’absence, Le Concierge Masqué, Richard Contin, fait son retour dans la sphère des défenseurs du polar. Absent depuis quelques années, je dois reconnaitre qu’il me manquait sa perspicacité à dénicher des polars sortant des chemins battus, issus de différents pays dont on parle trop peu.

Et c’est avec une fanfare au complet qu’il nous a annoncé le retour du Prix du Balai d’Or, prix qu’il a créé et mené pendant neuf années. 2026 verra donc un Prix du Polar qui se composera de deux catégories :

            Le Balai d’Or, récompensant un polar récent parmi une sélection réalisée par le Concierge Masqué

            Le Balai de la Découverte, récompensant un premier ou second roman, pour promouvoir les nouvelles plumes noires.

L’agenda de la dixième édition a été révélé et est le suivant :

Début Janvier 2026** : Annonce des 16 prétendants

Fin Juin 2026** : Annonce des 8 prétendants restants

Fin Septembre 2026** : Annonce des 4 finalistes

Début Novembre 2026** : Annonce des 3 lauréats

Les 16 romans sélectionnés pour le Prix du Balai d’Or sont :

1/Henua de Mr Marin Ledun (France) chez La Série Noire Gallimard Edition

2/Les Saules de Mme Mathide Beaussault (France) chez Seuil Noir Edition

3/Derrière la chair de Mr Stanislas Petrosky (France) chez La manufacture de livres Edition

4/Sans toucher terre de Mr Anti Ronka (Finlande) chez Rivages Edition

5/Holy Boy De Mme Lee Heejoo (Corée Du Sud)chez Verso Edition

6/Lapiaz de Mme Maryse Vuillermet (France) chez Rouergue Noir Edition

7/Près du mur nord de Mme Petra Klabouchova (Tchèque) chez Agullo Edition

8/Les fleurs du crime de Monsieur Baudelaire de Mme Nadine Monfils (Belgique) chez Verso Edition

9/L’appel de Mme Leila Guerriero (Argentine) chez Rivages Edition

10/Le Rois des Cendres de Mr S.A Cosby (USA) chez Sonatine Edition

11/Mogador de Mr Richard Canal (France) chez Caiman Edition

12/Ultima de Mme Ingrid Astier (France) chez La série Noire Gallimard Edition

13/Le Crépuscule de la veuve blanche de Mr Cyril Carrère (France) chez Denoel Edition

14/ Baignades de Mme Andrée A Michaud (Canada) chez Rivages Edition

15/Taxi de nuit de Mr Jack Clark (USA) chez Sonatine Edition

16/Le Champ de méduses de Mr Oto Oltvanji (Serbie) chez Agullo Edition

Les 12 romans sélectionnés pour le Prix du Balai de la Découverte sont :

1/Primaire de Mr Anthony Armando chez Les Editions Ovadia

2/Percer la nuit de Mme Carole Agari chez Rouergue Noir Edition

3/La Theorie des ondes de Mme Pascale Chauffot chez Rouergue Noir Edition

4/ Et Ensuite le silence de Mme Rose Mallai chez Edition Gros Caillou

5/ La ou sombrent les secrets de Mme Celine Bréant chez Taurnada Edition.

6/ Les Anges n’habitent pas tous au Paradis de Mme Maria P. Mischitelli chez Edition du Caiman

7/ Le baiser de la Demoiselle de Mme Kate Foster chez Phébus Edition

8/Marais Rouges de Mr Jean Toulko chez Seuil Edition

9/Les Fantomes de Baz Kelet de Mr Yann Botrel chez les Editions du Gros Caillou

10/ Obsessions de Mme Emilie Chani chez Taurnada Edidion

11/In Utero de Mr Louis Malaune de Polars en Nord Aubane Editions

12/Le Peintre aux couteaux de Mr Christophe Follez de Polars en Nord Aubane Editions

Nul doute que vous trouverez de quoi satisfaire votre soif d’émotions parmi ces deux listes alors n’hésitez pas

Opium Lady de Laurent Guillaume

Les dames de guerre – Tome 2

Editeur : Robert Laffont – La Bête Noire

Nous avions fait la connaissance d’Elisabeth Cole dans Saïgon, situé en 1953, la revoici donc en Birmanie un an après dans le Triangle d’or. Dans la même veine que le précédent, lançons-nous dans ce roman d’aventure !

Alors que DiênBiên Phu est sur le point de tomber, Elisabeth Cole se retrouve en Birmanie, en compagnie du capitaine français Louis Bremond du commando Joseph Bonardi. Elle suit Olive Yang, la reine du trafic d’opium en plein cœur du Triangle d’Or, cette zone située à l’intersection du Laos, de la Birmanie et de la Thaïlande. La troupe d’Olive Yang doit livrer une tonne d’opium, sous la menace des armées chinoises et birmanes.

Fille d’un seigneur shan en Birmanie, Olive Yang a été élevée selon la tradition locale qui veut que les femmes soient cantonnées dans un rôle de femme au foyer, épouse et mère. Dès son plus jeune âge, elle se passionne pour les chevaux en refusant de les monter en amazone, et pour les armes. Cette attitude de garçon « manqué » va générer des conflits frontaux avec sa propre mère, attachée aux traditions.

Ainsi, elle mènera la vie dure à ses éducatrices, sera envoyée dans des couvents, toujours plus maltraitée pour lui apprendre à suivre sa voie de femme esclave, avant d’être mariée contre son gré à un prince de maigre renom. A la suite de nombreuses batailles mettant en cause les différents clans, elle s’enfuira et deviendra la Reine de l’Opium, une redoutable femme d’affaires se fixant comme but de créer des écoles pour jeunes filles avec l’argent de la drogue.

Alors que le premier tome pouvait se classer dans la catégorie Espionnage/Aventures, celui-ci serait à mettre dans la case Biographie/Aventures. Certes, nous avons droit à trois scènes de bataille très réussies, mais sur 300 pages, Laurent Guillaume va plutôt mettre en avant ce personnage incroyable d’Olive Yang, icone oubliée des livres d’histoire qui a pourtant tenté de faire progresser la cause des femmes dans ces régions d’Asie du sud-est.

Laurent Guillaume excelle dans sa peinture des régions boisées, étouffantes en ce mois de mai 1954, dans ces moments de progression difficiles dans les forêts denses de Birmanie, plus que dans la peinture de ses personnages récurrents (dont Elisabeth et Bremond). Le rythme plutôt lent se plie à la difficulté de progresser dans la touffeur de la nature. Et puis, l’auteur nous insère des extraits du reportage d’Elisabeth où Olive se confie et raconte par le détail son itinéraire pour arriver à la tête des soldats kokangs.

Armée de ses pistolets Browning HP35, elle participera à mettre en place les trafics d’opium au profit de la CIA, même si cela sera occulté à la fin du roman. Laurent Guillaume masque sa biographie derrière un hommage envers cette femme oubliée, quitte à mettre en valeur son statut de trafiquante d’opium et nous livre un roman intéressant auquel il m’a manqué un souffle romanesque pour totalement me convaincre.

Vaurien de Jim Thompson

Editeur : Rivages Noir

Traducteur : Patrick Couton

Depuis que je me suis lancé dans mon défi de chroniquer tous les Rivages/Noir, il y a un auteur iconique de la collection dont j’adore les écrits et dont je vais fêter l’anniversaire de la naissance, Jim Thompson, né le 27 septembre 1906 à Anadarko dans l’Oklahoma. Cette année sera consacrée donc à ce grand auteur de romans noirs et cela tombe bien, car cela coïncide aussi avec les quarante ans d’existence de Rivages/Noir.

Habituellement, je commence par la biographie de l’auteur mais quoi de mieux que de commencer par sa vie racontée par l’auteur lui-même. J’ai suivi le conseil de Claude Mesplède, qui m’avait dédicacé « 30 ans d’écrits sur le polar 1982-2012 » publié aux éditions Krakoën et avait écrit ceci :

« Question: Je n’ai jamais lu de romans Thompson. Par quel ouvrage me suggérez-vous de commencer ?

A cette question, par quel titre entamer l’oeuvre de Jim Thompson? Je suggère de commencer par lire son autobiographie Vaurien, initialement publiée à L’Atalante, avant d’être reprise chez Rivages, maison d’édition qui conserve l’intégralité de l’oeuvre y compris les nouvelles. Je propose ce choix car toute la vie de Thompson est marquée d’événements qui sont perceptibles par la suite dans son œuvre romanesque. Par exemple, il va naître dans une prison A dix-huit ans il est tuberculeux et atteint de delirium tremens et tout au long de son enfance et adolescence il sera considéré par son père comme un moins que rien, ce qui explique dans la plupart de ses romans les rapports père-fils difficiles. »

Cette autobiographie regroupe en fait deux volumes, Bad Boy et Roughneck, publiés aux Etats-Unis en 1953 et 1954 et publié chez nous par les éditions L’Atalante en 1986, avant d’être reprise en format poche chez Rivages/Noir en 1991. Jim Thompson nous raconte son premier souvenir, quand il avait dix ans, et qu’il se faisait pincer par sa sœur.

La première partie va donc nous raconter son enfance, les relations difficiles avec son père qui le prend pour un vaurien, ses grands parents qui l’ont élevé pendant une bonne partie, ses copains avec qui il fait des bêtises, puis les petits boulots payés une bouchée de pain, les tentatives de son père pour investir, les hauts et les bas, la misère voire la famine avant qu’il prenne son envol.

Dans cette partie, on se retrouve époustouflé par l’art de Jim Thompson pour peindre des personnages et narrer avec humour les situations ubuesques bien que dramatiques. Il faut aussi signaler la grande qualité de la traduction, où Patrick Couton arrive à retranscrire des blagues en français ainsi que son respect pour la belle qualité de plume du Maïtre du Roman Noir.

Puis, la deuxième partie nous parle de l’émancipation du jeune Jim, de son départ de la famille, de ses galères, de sa femme et de ses enfants, de ses premiers écrits et toujours de ses rencontres. A partir de là, il va mieux comprendre le monde, et voir en face la part pourris des gens de pouvoir, de la police aux politiques, en passant par certains patrons.

On va retenir de cette partie l’éclosion d’un auteur, de ses rencontres qui vont devenir sa source d’inspiration, et de son obsession pour se battre, pour survivre et faire vivre sa famille. Il nous fait revivre aussi l’Amérique des années 20 et 30, les petits larcins, les trafics d’alcool pendant la prohibition, son acharnement à poursuivre ses études de lettres, son combat pour faire vivre son association Writer’s project …

Toujours basée sur des rencontres, mais mieux construite d’un point de vue romanesque, on voit un jeune homme se battre contre son destin, cette envie de ne pas copier les affres de son père. Et quel chemin accompli pour arriver enfin à faire publier son premier roman, après avoir placé quelques nouvelles pour un prix dérisoire ! j’ai trouvé cette deuxième partie bien plus intéressante, par rapport à la première qui ressemblait à un assemblage de saynettes dont le but était de présenter un personnage.

Mon bilan 2025 et bonne année à tous

Voici une nouvelle année qui se termine, la dix-septième pour Black Novel, et il est temps de jeter un œil sur les lectures qui m’auront touché, enthousiasmé et enchanté.

2025 aura été une excellente année en ce qui concerne mes lectures, une année où j’aurais tenu à mettre en avant un grand auteur trop méconnu chez nous. A cet égard, je ne peux que vous recommander de vous jeter sur les romans que je préfère :

Des mules et des hommes

Nu dans le jardin d’Eden

La malédiction du gitan

Car

Le roi du KO

Body

Avant de commencer cette rétrospective, le titre du chouchou du mois de décembre 2025 revient à Frappe chirurgicale de Sébastien Bouchery (Editions du Caïman), un excellent polar trépidant, qui nous plonge dans le Paris des années 80, un hommage non déguisé envers la littérature et les films policiers.

Je garderai une nouvelle fois de 2025 plus d’une dizaine de romans dans un peu tous les genres, des romans forts et, en regardant la liste de mes coups de cœur, je suis heureux d’avoir eu entre les mains tant d’émotions concentrées en si peu de pages. Ces derniers sont donc au nombre de cinq, et vous pourrez trouver mon avis en cliquant sur le titre.

Je vous ai donc fait une sélection en trois parties, et sachez bien que j’ai dû enlever certains excellents romans de cette liste et que cela me fend le cœur.

Mes coups de cœur 2025

Bleus Blancs Rouges de Benjamin Dierstein (Flammarion) : Premier tome d’une trilogie flamboyante sur le terrorisme des années 70 / 80

La malédiction du gitan de Harry Crews (Folio) : Une plongée hallucinante dans le monde de Harry Crews

Des mules et des hommes de Harry Crews (Folio) : Une autobiographie de l’auteur qui entre dans mon TOP10 de tous les temps

Abena de Pierre Chavagné (Le Mot et le Reste) : Une allégorie de la Tour de Babel mettant en avant l’importance du partage de la culture

Que s’obscurcissent le soleil et la lumière de Frédéric Paulin (Agullo) : La clôture de cette trilogie indispensable sur le Liban

Les romans de 2025 que je ne risque pas d’oublier :

Un seul œil de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube)

Gracier la bête de Gabrielle Massat (Editions du Masque)

Toutes les nuances de la nuit de Chris Whitaker (Sonatine)

Joli mois de mai d’AlanParks (Rivages)

L’autre loi de Valerio Varesi (Agullo)

Balanegra de Marto Pariente (Gallimard – Série Noire)

Près du mur nord de Petra Klabouchova (Agullo)

Décès de montagne de Samuel Sutra (Alta Real)

Le roi des cendres de Shaun A.Cosby (Sonatine)

Du sang sur les pierres d’Adrian McKinty (Fayard)

Cette année, j’aurais bouclé mon challenge Lecture des 10 premières enquêtes de Harry Bosch avec en conclusion Los Angeles River de Michael Connelly (Points). Le compte Bandes Dessinées a été explosé avec pas moins de 9 BD, Calle Malaga, la géniale série R.I.P., Revoir Comanche et le dernier Astérix. A part cela, j’ai continué le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune (Les guerriers de l’Ombre Jaune), le septième tome de l’intégrale de la Compagnie des glaces de G.J.Arnaud (Fleuve Noir), et la quatrième enquête de Cicéron Angledroit (Palémon). Il faudra que je continue sur cette voie là en 2026 !

Je me suis aussi lancé dans un défi de dingue, chroniquer tous les Rivages/Noir dans l’ordre. Je ne les relis pas tous, j’en découvre d’autres, et je me fixe une contrainte : le résumé doit comporter 100 mots, mon avis 100 mots et je conclue en un mot (ou presque). D’où le nom de la rubrique : En un mot comme en cent. Quatre billets de cinq romans sont déjà en ligne du numéro 1 au numéro 20.

Pour l’année 2026, la rubrique Oldies sera consacrée à Jim Thompson, pour les 120 ans de sa naissance, et je commencerai dès le 4 janvier par Vaurien, son autobiographie, comme me l’avait conseillé Claude Mesplède. Et cela tombe bien, car cela rentrera dans mes lectures des Rivages/Noir.

En 2026, Je vais rester sur le même rythme qu’en 2025, publier moins de billets ou donner plus de place à ma nouvelle rubrique Chronexpress. Le problème vient du fait que je ne trouve plus assez de temps pour écrire et surtout relire / corriger mes billets. Donc je vais me calmer. Il se peut même que certaines semaines, je ne publie qu’un billet par semaine tant je deviens de plus en plus difficile dans mes lectures, et que je ne veux parler et défendre que les romans qui me plaisent.

Je me suis rendu compte aussi que le nombre de visites stagnent, donc je remercie les fidèles et les visiteurs de passage. Cela vient probablement du fait que j’ai pris mes distances avec Facebook et que je vais probablement continuer sur cette voie. Il faut aussi signaler que les éditeurs n’envoient plus de Service de Presse, ou beaucoup moins, ce qui me permet de lire des romans plus anciens. Ceci dit, je continue à acheter un roman par semaine.

Il ne me reste qu’à vous souhaiter à tous une bonne année 2026, pleine de lectures enrichissantes, passionnantes, envoutantes et plus que jamais, avec la concentration dans la distribution des livres, résistez et allez voir chez les petits éditeurs et vos libraires de proximité.

Enfin, bien entendu, protégez-vous, protégez les autres et n’oubliez pas le principal, lisez !

Nous sommes tous des assassins de Jean Meckert

Editeur : Gallimard ; Joëlle Losfeld

Préface de StéfanieDelestré et Hervé Delouche

Comme tous les ans, je termine l’année, avant mon bilan annuel par ma chronique d’un roman de Jean Meckert, dans la collection Arcanes des éditions Joëlle Losfeld. Comme je les ai tous achetés, et que j’ai peu de temps en ce moment, j’ai choisi celui qui comportait le moins de pages, Nous sommes tous des assassins.

Comme pour chaque livre de cette collections Arcanes, StéfanieDelestré et Hervé Delouche signent une excellente préface nous permettant de mieux comprendre le contexte. Il s’agit d’une novellisation du film éponyme d’André Cayatte sorti en 1950, et comme j’ai eu de mauvaises expériences avec les novellisations de scénarii cinématographiques, j’ai démarré cette lecture avec une certaine appréhension. N’ayant pas vu le film d’André Cayatte, j’ai tout de même lu ce roman, édité en 1952, comme n’importe quel autre.

René Le Guen vient d’être condamné à mort. A son incarcération, on l’entrave à l’aide de lourdes chaînes et il se retrouve enfermé dans une petite cellule en compagnie d’autres condamnés à mort, dont le docteur Dutoitqui aurait empoisonné sa femme et clame son innocence, et Gino un Corse qui a commis un meurtre mafieux avant d’être rejoint plus tard par un ouvrier qui a tué sa fille de 3 ans.

Les passages écrits à la première personne vont concerner son enfermement dans la prison, intercalés par l’itinéraire du jeune René, les maltraitances, la perte de son frère, la pauvreté, puis, étonnamment, son parcours de tueur au service de la Résistance pendant la guerre. René deviendra le bras armé de ceux qu’il nomme « les capitaines », les chefs qui lui donnent les noms des gens à faire disparaitre.

Illettré, il sera obligé de suivre, de faire ce qu’on lui dit de faire, de subir les ordres des riches bourgeois, jusqu’aux meurtres des trois policiers qui lui valent sa condamnation à mort. De héros de l’ombre, son statut devient celui de paria dont il faut se débarrasser. René aimerait tant expliquer tout dans une lettre au Président, demander sa grâce éventuellement, mais il est incapable d’écrire le premier mot.

Sur Wikipedia, j’ai trouvé un extrait de la préface de l’édition originale signée André Cayatte et Charles Spaak: « Comme il était à prévoir, Jean Meckert s’est intéressé à certains de nos personnages plus qu’à d’autres ; il a bouleversé l’ordre des épisodes, en supprimant quelques-uns pour en créer de nouveaux ; il a sacrifié plusieurs points de vue intellectuels pour ne se préoccuper que des individus et de leurs réactions brutales ; il nous a adaptés, à toutes les pages, déformés et trahis avec une loyauté constante dont nous lui sommes infiniment reconnaissants. »

Je ne peux que plussoyer cet avis. Je n’ai pas trouvé trace d’une quelconque novellisation mais bien identifié la marque de fabrique de Jean Meckert, la passion qu’il a mis dans chaque scène et surtout les portraits des personnages dits secondaires, l’émotion qu’il fait passer dans un simple geste ou une phrase de dialogue. Et puis on retrouve cet art dans l’utilisation du langage parlé, ce talent unique de peindre les petites gens, toujours victimes des gens qui ont l’argent et le pouvoir.

Enfin, ce roman, empreint d’une humanité éblouissante, se révèle une charge contre la peine de mort, et Jean Meckert le transforme comme un combat personnel. On aurait tort de croire que ce combat est aujourd’hui dépassé, tant le sujet reste toujours dans l’opinion publique. A ce titre, Nous sommes tous des assassins est à ranger en belle place aux côtés du Pull-over Rouge de Gilles Perrault.

Je laisse le mot de la fin à Jean Meckert : « Vous en connaissez, vous, des gens bien logés qui tuent leurs enfants ? »

La femme de ménage de Freida McFadden

Editeur : City (Grand Format) ; J’ai Lu (Format Poche)

Traductrice : Karine Forestier

Je dédie ce billet à ma fille.

Je lui avais promis de lire le livre, et de le chroniquer cette année. Elle l’a lu et l’a trouvé très moyen, il faut dire qu’elle est plutôt adepte de grande littérature. Ma femme l’a lu et l’a trouvé distrayant mais pas inoubliable. Il fallait quand même que je me penche sur le phénomène de ventes littéraires de ces dernières années. Après la vague de polars nordiques, après les cosy-mysteries voici la vague … euh … de bluettes sans intérêt. Pardon, je vous donne déjà la conclusion de mon avis. Bref, voici de quoi que ça cause (et j’écris ça dans le style de Freida McFadden) :

Millie, en période de probation pour une condamnation de dix années de prison, vit et dort dans sa vieille Nissan Micra. Elle trouve un emploi de de femme de ménage chez les Winchester. Nina la mère montre des signes de mauvaise humeur voire même de folie avancée. Andrew le père est beau comme un superbe étalon italien sans la mâchoire carrée de Sylvester Stallone, arborant sa Rolex et ses Ray-Ban pour bien nous montrer qu’il est riche.

Enfin, ils ont une fille de dix ans, Cecelia qui se montre une vraie peste et à qui on mettrait bien des baffes, juste pour se soulager. A cela, il faut ajouter le jardinier italien, Enzo, beau aussi, mais plutôt dans le genre bête de somme, parce que, le pauvre, il est pauvre et sa richesse réside dans les superbes tatouages qu’il arbore quelque soit le temps. Il n’a pas froid (ni aux yeux ni ailleurs) le bougre.

Donc, je l’ai lu et fini … enfin je l’ai parcouru jusqu’à la fin. Honnêtement, je l’ai commencé deux fois, en lisant le prologue mais je me suis arrêté … mes yeux pleuraient devant la pauvreté du vocabulaire. La fin de l’année approchant, pour respecter ma promesse, j’ai donc pris deux jours pour lire ce bouquin. Bon, euh, voilà, quoi …

Je n’ai pas cru à Millie, ni à sa motivation (soi-disant elle doit absolument trouver un emploi, sinon retour à la case Prison comme au Monopoly, et elle ne touchera pas 20 000), ni à sa naïveté, ni aux agressions qu’elle va subir de la part de Nina ou Cecelia qui m’ont semblé si gentille qu’il n’était pas utile de les présenter comme des catastrophes. Par contre, on en apprend beaucoup en ce qui concerne le ménage, la cuisine ou la corvée d’aller chercher la petite à la sortie de l’école.

En fait, cela m’a semblé terriblement superficiel, les scènes s’ajoutant les unes sur les autres et finissant par être répétitives. On a bien droit à quelques mystères en fin de chapitres, vous savez ? le genre de phrase qui laisse imaginer un retournement de situation dans le chapitre d’après, mais le problème c’est que l’explication ne vient pas et le rebondissement attendu ne vient pas, et le soufflé retombe aussi vite qu’il a été esquissé.

Le meilleur rebondissement se trouve au chapitre 28, et je peux vous dire que c’est une réelle catastrophe, du niveau de celle de Tchernobyl. On ne peut imaginer dans notre pauvre esprit de terrien les conséquences d’un tel événement. Mais il faut que je vous explique : Millie rentre chez les Winchester, je ne vous dirai pas ni comment ni avec qui, et soudain … TA TA TA … elle se rend compte qu’elle a oublié de sortir les poubelles. Je vous laisse imaginer les deux chapitres concernant la suite …

Bref, tout m’a semblé terriblement pauvre et d’une platitude Birkinesque (Blague !). L’auteure a mis ses idées et ses fantasmes (je vous rassure, le niveau d’érotisme ne dépasse pas les photos d’un catalogue La Redoute (Re-Blague)) noir sur blanc. Et encore, même pas dans les pages lingerie. D’ailleurs, le niveau de stress ne vole pas haut non plus, et la psychologie des personnages, de même que leur capacité à prendre une décision ressemblent à des caricatures.

Alors, ce roman a connu un énorme succès grâce à TIK TOK (no comment) et au bouche à oreille et c’est tant mieux. Cela prouve que les gens lisent encore. Evidemment, je préférerais qu’ils lisent autre chose, mais mieux vaut ça que rien du tout. Ce qui m’étonne, c’est la note obtenue par ce livre sur Babelio : 4,05 / 5 ! 1665 avis avec 5 étoiles, 961 avis avec 4 étoiles sur 3655 … c’est quelque chose d’incompréhensible pour moi et qui remet en cause ma confiance dans ce site de référence pour les lecteurs (dont moi).

Vous l’aurez compris, si vous me demandez mon avis : Passez votre chemin !

Promesse tenue, ma fille !

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com

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