Après 2 semaines d’absence, me voici de retour pour l’atelier d’écriture d’Olivia.
Les mots récoltés pour cette dernière édition de la saison sont : girouette – ennuyer – s’escamper – manoir – hiver – enluminure – canicule – pugilat – clochette – abeille – palmier – persévérant – zinc – champs – essoufflé – musicien – glace – grivoiserie – étang…
Et voici ma modeste contribution…
Il doit être dans les 4 heures de l’après midi, et avec Josette, on est toujours allongées sur nos chaises longues à l’ombre du mûrier. Faut dire qu’avec cette canicule, ça ne donne pas envie d’avoir une quelconque activité physique. Les hommes et les enfants, quant à eux, font la sieste dans le cabanon. Tout est calme… seul le carillon éolien accroché non loin de là à une branche nous berce de son doux chant semblable à celui de milliers de clochettes.
Nous on papote, on parle du bon vieux temps, de nos maris bougons et de nos petits enfants remuants, Lucas et Julien. Leurs parents nous les ont confiés pour les vacances, le temps d’aller prendre quelques jours de congés sous les palmiers dans je ne sais plus trop quelle île du Pacifique. Ces deux gamins ne restent pas en place : ils commencent à peine une activité qu’ils ont déjà une autre idée de jeu en tête, de vraies girouettes ! Du coup, pour nous les mamies, pas le temps de nous ennuyer et si on n’était pas là, ça se terminerait souvent en pugilat tellement il sont aussi mauvais perdants l’un que l’autre. Mais ça fait plaisir de les avoir ces gamins, même s’il faut toujours surveiller qu’ils ne s’escampent pas dès que l’on a le dos tourné. Puis il faut bien avouer que leur présence met un peu de gaieté dans nos vies de retraités.
En général, le matin, je supervise les exercices au violon de Julien. Ce petit prodige s’est mis dans la tête de devenir musicien et s’entraîne tous les jours, persévérant, devant la glace de la salle de bains. Quant à Lucas, il passe des heures à observer son grand père s’occuper des abeilles avec son vieil enfumoir en zinc afin de préparer les ruches pour l’hiver.
Parfois, vers la fin de l’après midi, lorsqu’il commence à faire un peu moins chaud, on part tous se baigner à l’étang histoire de se rafraîchir puis on rentre en coupant à travers champs pour raccourcir un peu la route. Les petits arrivent toujours essoufflés de la promenade tant ils ne peuvent pas s’empêcher de courir à droite et à gauche.
Le soir, après le souper, chacun vaque à des occupations plus calmes : les garçons explorent la vieille bibliothèque et feuillettent ces vieux bouquins plein d’enluminures qui ont appartenu à nos aïeux. Ils inventent des tas d’histoires et notre maisonnette devient alors un manoir où ils vont pouvoir laisser libre cours à leur imagination.
Quant aux papys, on ne les entend presque pas, mais à les voir étouffer quelques rires, on imagine, Josette et moi, qu’ils se racontent leurs grivoiseries d’antan !
Bon allez, c’est pas tout ça mais va bien falloir trouver un peu de courage pour aller préparer les goûters des garçons. Surtout que des ronflements provenant d’à côté m’indiquent que Josette vient de s’endormir…