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Quatrième de couverture :
Dans les forêts du Grand Nord canadien, là où la nature somptueuse et écrasante dicte ses lois et façonne les hommes, se trouve la cabane des Malençon. Quatre générations s’y succèdent : l’aïeul Léopold, trappeur sans merci, la construit de ses propres mains ; son fils Siméon y est envoyé pour s’endurcir ; la jeune Lyne, elle, voit sa vie brisée par une découverte macabre ; seule Tania, un siècle plus tard, osera enfin renverser le destin.
Tour à tour refuge, prison ou lieu maudit, la cabane est le coeur battant de cette famille, dont les racines sont profondément enfouies dans la terre des plaines boréales, et qui traîne son lourd secret depuis trop longtemps.
Voilà déjà le quatrième roman de mon abonnement chez Au Temps Lire, le roman de décembre dernier. Et là encore, ce fut la surprise, l’étonnement et la gratitude pour les choix toujours éclairés et tellement bien ciblés des libraires.
Nous voilà plongés dans le grand Nord québécois, dans la forêt, dans une cabane de trappeur où nous suivrons quatre générations de la famille Malençon. Le titre du roman, c’est la sentence sans cesse répétée par le patriarche Léopold, un homme colérique, impatient, dont la violence envers un de ses chiens de traîneau va le mettre en péril, lui faire une expérience quasi mystique et influencer ses descendants. Son fils Siméon va y passer plusieurs semaines pour échapper à la conscription en 1944 et y frôler la folie. Quarante ans plus tard, sa petite-fille Lyne va y atterrir par hasard en compagnie de son amoureux et découvrir un secret effrayant. Enfin, l’arrière-petite-fille, Tania, réinterprète le secret et libère en quelque sorte la famille du poids du destin. A chaque fois, la forêt, la nature exercent un grand rôle sur les personnages qui les apprivoisent plus ou moins bien, croyant parfois devoir répond à la violence naturelle par une violence humaine lourde de conséquences.
L’auteur, d’origine française, vit et travaille au Québec, non loin du lac Saint-Jean. On sent qu’il connaît bien ce pays et s’émeut de la destruction de la forêt primaire par les exploitants forestiers, qu’il place ses personnages en situation de trouver ou retrouver un lien avec cette nature impressionnante mais vitale. J’ai aimé l’ambiguïté du titre original, If, que l’on peut lire à l’anglaise et à la française et qui trouve tout sons sens dans les dernières pages du roman.
Premières lignes : « Le bois n’est pas une délimitation administrative, griffonnée sur un relevé topographique par un bureaucrate peu consciencieux. Le bois, c’est un état primaire de la forêt qui ne tolère aucune autre saignée que celles laissées par l’écroulement des grands pins, un endroit où les bêtes fauves n’ont encore jamais entendu le murmure d’une lame de scie dans un tronc d’épinette. Du moins pas une de ces scies de compagnie que deux hommes accoutumés et munis d’une flasque d’huile de sciage peuvent faire siffler du matin au soir. »
Julien GRAVELLE, Ce pays n’est pas fait pour les faibles, Editions Stock, 2025 (Leméac Editeur, 2024)
Une participation au challenge Les gravillons de l’hiver de Sybilline La petite liste (le livre compte 200 pages tout pile, glossaire et remerciements compris).



