Pour bien commencer l’année, j’ai prévu de le faire en musique. Pour moi, c’est là que l’on puise notre force intérieure, qu’on y construit un bonheur authentique plein de sens et de plaisir. Une bonne dose de satisfaction physique, affective ou intellectuelle. Un plongeon harmonieux dans la joie, l’euphorie, l’extase, la délectation, la jouissance, la volupté, l’enchantement, l’émerveillement, le ravissement. Un voyage dans mon monde musical de ce début d’année.
Commençons par un petit trip dans les brumes matinales de San Francisco (California), histoire d’émerger au son d’une voix éthérée qui dégage des effluves de sérénité. Rose Again de Melted Toys, c’est la guitare sous toutes ses formes pour une dream-pop entrainante au climat vaporeux délicieux. C’est aussi l’occasion de se souvenir de Johnny Marr. Wake up.
Bien réveillé, on peut se laisser emmener par deux amis de Toronto qui se retrouvent dans les montagnes brumeuses du nord de l’Irlande pour composer la new-wave un peu vaporeuse de Our Trip. Une descente dans une caverne remplie de guitares très variées portant une voix en forme d’écho. Une descente dont on ne reviendrait pas avec un plaisir plus que certain. Rest assured.
On s’envole direction le Canada francophone (Prends tes protéines pis mets ton casque de poil). Avec le Major Tom de Lucien Midnight, on a le droit à une bonne plongée ironique et onirique, une balade intergalactique et québecoise qui propose une géographie musicale dont l’univers sensible et mélodique est tout simplement à des années lumières de la Terre.
Direction Glasgow, pour une douce twee-pop en Ecosse avec Belle and Sebastian et leur I Want The World To Stop. OK, d’accord, mais pas la musique alors. J’adore la mélancolie splendide de la voix de Sebastian (a.k.a. Mehdi El Glaoui…) et la rythmique logique de ce track. Le tout accompagné d’un excellent break pour laisser l’espace à des rythmes handclap sur un riff de basse.
On reste chez les rosbeefs. On garde les handclaps. En revanche, on change de rythme. Avec Default de Django Django on a le droit à un faux trip country rock. Dans la lignée de nos anciens amours avec Beta Band, c’est toujours un trip ambitieux, psychédélique et obsédant qui accompagne leurs productions. Une nouvelle création captivante.
Bing. Direction Toronto. On écoute Tonetta. Mon guilty secret que je considère comme un génie. Un crooner lo-fi, boulimique, inventif et obsédé, à la voix rocailleuse croisement de Gainsbarre et de Lou Reed. Franchement, ça fait plaisir ce son et ces songs. Des riffs de guitare. Des lyrics ambigus et bien pesés. I love to flutter like angels do, but I should watch I don’t get screwed.
Entracte #1. Secret track #1.
Avec une japonaise, un suédois et un anglais, on est maintenant à Paris. Eh oui. I didn’t know, de Tristesse Contemporaine. L’ambiance mélancolique portée par une voix caverneuse et un son de synthés un peu sombres. Sans les clochettes addictives qui viennent nous rappeler que Peter Hook n’est pas à la basse et que Ian Curtis est bien mort, on croirait à un revival moderne de Joy.
Plongée dans la caverne saturée de samples du hippie américain de service. Loin d’être muselé, Gonjasufi nous emmène avec The Blame dans une obscure détresse qui se déstresse dans les volutes qui remplissent les tresses de ses dreadlocks. Toujours une expérience mystique intense dont l’empreinte est dingue. I am the hell. The killer in the name of me.
Entracte #2. Secret track #2.
Quand Shawn Lee fait une cover de River Man de Nick Drake, c’est pas simplement un voyage à Winchita (Kansas). C’est la guerre. Des rythmes bien ssaccadés. Des instruments bien stressés. C’est une claque psych-funk bien heavy et un peu hantée qui rode autour de vous et rempli l’espace de votre cerveau pour les heures qui viennent. Personnellement, je ne m’en suis toujours pas libéré.
Trip escape. On part sur la lune via Cleveland (Ohio) avec Kid Cudi et son Pursuit of Happiness en invitant MGMT et Ratatat. Ambiance guitare distordues opposées à un riff de piano bien calé. On oscille entre rêve et réalité. Tell me what you know about dreams, tell me what you know about night terrors, you don’t really care about the trials of tomorrow, rather lay awake in the bed full of sorrow.
La, je vais pas vous décrire le travail de Wick-it the instigator. Faites la liste des samples, applaudissez Method Man, écoutez Busta Rhymes, bougez avec Jacky Brown et partez sur un sound trip avec Quentin Tarantino. Brooklyn (come on!) Shaolin (come on!)
Queensbridge down to Long Island (come on!) Bronx, nigga (come on!) Manhattan (come on!)
Transversale musicale et géographique. Montée bien rythmée, tension bien huilée. On va à Lille (France Belge) pour une expérience digne de John Carpenter avec l’edit de Krikor du Carbon Cowboy de Principles Of Geometry. Une sorte d’electrétro cinématique à écouter de nuit (ou les yeux fermés dans le métro) pour plonger dans des émotions fortes à la sauce kraut.
J’imagine que l’on va en Islande maintenant? J’en sais rien, les jeunes sont capables de tout de nos jours sur leurs patronymes. En tous cas, je vous lâche deux de mes edit préférés de 2012. Sur base d’un vieux Yazoo ou d’un jeune Gotye. Comme cela, y en aura pour tout le monde ma p’tite dame. On veut finir en rythme dans la joie et la bonne humeur. Classic. Tasty. Propre.
Comment? Vous ne connaissez pas la Norvège? Je ne vous applaudi pas. Contrairement à Todd Terje qui le fait très bien sur Inspector Norse avec un rythme nu-disco typique qui était clairement mon track 2012 de 2011. Une petite histoire vintage qui flirte avec le très bon goût sur un groove bien ludique avec juste ce qu’il faut d’étincelles qui remplissent l’espace.
Interceptor Janitor.12
Ear Division