Elle court d’un pas léger depuis plus d’une heure, attentive au chemin qui s’assombrit à mesure que la nuit tombe. Elle pense qu’elle sera rentrée avant que la lune ne se lève – il faut qu’elle soit rentrée ! Pourquoi a-t’il fallu qu’elle perde tant de temps à chercher des traces dans cet amas rocheux près de la rivière ? Elle a tellement envie de savoir où il se cache quand il change qu’elle en oublie qu’il peut y avoir du danger. Et dans quelques minutes, ce danger sera encore plus proche.
Une branche la gifle et elle fait un écart instinctif qui la fait trébucher. Elle tombe et roule en souplesse sur le tapis de feuilles. Son corps est parfaitement maitrisé. Elle hésite pour retrouver la trace et reprend sa course dans le sous-bois. Elle évite de justesse une autre branche et se force à ralentir ; il fait trop sombre pour courir, elle doit d’abord faire attention à ne pas se blesser. Portant le bout de ses doigts à sa joue, elle en ramène un peu de sang, très peu. Suffisamment…
Les prédateurs développent des sens particuliers pour survivre. Je ne sais aucune bête qui soit plus prête à la chasse que moi. Je sais localiser un cœur qui bat à plusieurs dizaines de mètres, encore mieux si il est affolé. Je sais sentir la moindre odeur corporelle mais ce qui m’attire, c’est le sang de la proie blessée. A l’instar des requins, cette odeur fade me fait plonger dans une frénésie particulière qui ne s’éteint que lorsque mes mâchoires puissantes se referment, ajoutant le goût à l’odeur.

A la recherche de son chemin, Cathy a entendu un bruit, comme une course. Est-il possible que quelqu’un d’autre se soit aventuré ici ? Aucune chance ! Alors quoi ? Ce ne serait vraiment pas de chance si… Elle frissonne et se mord la lèvre, de moins en moins à l’aise. De plus, à mesure qu’elle avance, elle se rend compte qu’elle s’égare. Si seulement elle avait une alternative à sa course. A l’idée qu’elle puisse passer la nuit prostrée contre un tronc ou au creux d’un fossé, elle sent monter une poussée de panique. Pas cette nuit !
Je trouve amusant de suivre cette femelle de loin, juste à la limite de sa vue. Elle ne se doutait de rien, je la suis depuis une heure ou deux. Et puis elle s’est mise à courir et j’ai senti mon plaisir monter à mesure que je reniflais sa transpiration. Une autre odeur me parvient, enivrante. L’odeur, et puis la lune qui monte doucement dans le ciel bleu sombre, je me sens léger. Une petite partie de moi voudrait courir vers le lac où doit se refléter la lune. Une autre partie me suggère d’abord d’en finir avec cette odeur si tentante.
Toujours hésitante, Cathy débouche dans une trouée qu’elle reconnaît à la cabane de chasse trapue posée sur le gazon. Elle est passée là cet après-midi. Le soulagement est de courte durée. Elle réalise qu’elle a plus d’une heure de marche rapide avant de retrouver la route empierrée qui monte à son bungalow. Elle se dirige vers la cabane, tourne la poignée ; la porte s’ouvre sur un trou noir, une odeur de fumée froide. Elle tend l’oreille, vers l’intérieur, puis vers la forêt dehors. Plus le temps de courir, plus le temps de réfléchir, elle sent qu’elle doit se cacher. Elle entre et referme la porte derrière elle, tâtonne et trouve deux crochets en métal. En se baissant, c’est une barre de bois qu’elle déniche sur le plancher, barre qu’elle se hâte de glisser dans les crochets, condamnant la porte. Elle pose le bout de ses doigts sur le panneau massif comme pour en éprouver la solidité, semble rassurée, se recule un peu et referme ses bras autour d’elle comme si elle avait froid.
C’est elle, l’odeur m’enivre, si proche, palpable. Elle m’a senti, je le sais, mais elle ne m’imagine pas si proche. Je reconnais cette odeur, associée à du plaisir. Je reconnais le bruit précipité de son cœur. Si seulement elle parlait, peut-être renoncerai-je à avancer. Qui sait ce qui adviendra quand elle sera à moi ?
Cathy l’a senti. Il ne sert à rien de crier et de toute manière, elle ne le pourrait pas. Son instinct lui dit de continuer à se cacher, de ne pas bouger, de cesser de respirer. Elle repense à la première fois qu’elle l’a vu et à cette scène irréelle qu’elle doute encore avoir rêvée ; elle, abandonnée entre les pattes de ce… de cette bête à qui il reste si peu d’humanité quand elle est totalement transformée, cette bête aussi qui la trouble terriblement. Elle se recule dans le noir, s’éloignant de la porte. Elle recule, à tâtons, quand elle sent soudain… une table derrière ses jambes. Elle respire profondément pour chasser sa peur.
Comment cette femelle peut-elle m’ignorer ? Il suffit que j’étende un peu la patte. Mes griffes la frôlent. Maintenant !
Cathy se retrouve plaquée sur la table par deux pattes énormes et réagit instinctivement en se débattant, bras et jambes et en poussant un grand cri aigu. Peine perdue, plus elle se débat et plus elle se sent collée au plateau de bois. La bête la tire au travers de la table et elle entend maintenant un grognement sourd qui la paralyse. D’un ultime sursaut, elle se cabre pour s’enfuir et retombe brutalement, vaincue. Sa tête cogne, sa vue se brouille, elle sent l’évanouissement l’envahir, impuissante.
Est-elle morte ou est-ce une ruse ? Le loup-garou renifle le visage aux yeux clos, respire le souffle redevenu régulier et se calme presque instantanément de la frénésie qui le gagnait. Il la pousse de la patte, mi-déçu, mi-curieux. L’odeur du sang s’estompe un peu pour d’autres senteurs et parfums. Et il se souvient. Au fil des odeurs, il revoit le visage souriant et les yeux qui le regardaient, la peau si nue, si blanche, si… douce. Il lèche le torse et s’étonne de la texture avant de se rappeler ce que sont des vêtements. Les deux races, l’homme et le loup, partagent des pensées et la bête sait quoi faire, comment le faire. Alors, délicatement, deux rangées de griffes accrochent le tissu qui recouvre la jeune femme et tirent, arrachent sans difficulté la veste, emportant aussi le chemisier. La gueule descend le long du ventre, laissant une trainée humide sur la peau parfumée. Il insiste entre les jambes qui s’ouvrent, reniflant, pressant. Il sent le corps inerte recommencer à réagir ; une odeur fade exsude du sexe de sa proie. Il lèche, cherchant le goût qu’il pressent agréable. Le tissu se mouille très vite et colle aux lèvres intimes de Cathy qui gémit. Presque délicatement, il prend du tissu entre ses crocs et tire, déchirant le pantalon court en toile et entrainant la culotte en coton. Le sexe est aussi mouillé que sa gueule.

Ballotée, Cathy revient à elle et se retient de crier encore. Elle est sauve, elle le sent, ne doit pas provoquer de violence qui pourrait devenir incontrôlable. Elle est nue aussi, à part ses chaussures de sport. Elle prend conscience d’être cambrée à la rencontre d’une langue un peu râpeuse qui lèche sans hâte son torse, son ventre. L’odeur du loup est… seulement inhabituelle, pas désagréable, au contraire, comme si quelque chose en elle la connaissait déjà. Elle se souvient de cette première fois, cette première étreinte jamais oubliée, de l’ami transformé qui devenait un amant terrifiant et tendre en même temps. La peur est dans sa tête ; son corps réagit différemment. Elle bouge doucement, tend ses mains vers le corps penché sur elle, trouve la fourrure.
Le loup-garou sent que cette humaine n’est pas un danger. Il a aussi perdu sa soif de sang. Dehors, la lune éclaire la clairière et une pâle luminosité entre dans la cabane par une ouverture dans le toit, posant sur le corps exposé des ombres mouvantes. Il gémit, renifle, passe son mufle le long de la cuisse droite vers le ventre, renifle encore. Cathy se tortille, s’ouvre, gémit aussi. La langue passe sur l’intérieur de sa cuisse, descend sur son sexe, entre ses fesses. Elle voudrait lui dire quoi faire et renonce, faute de pouvoir communiquer. Et puis… les choses vont plutôt dans le bon sens ; il est plus calme, plus doux. Pour un peu elle se sentirait… bien !
Il la soulève et se glisse entre les jambes écartées, trouve sans peine la faille et l’ouvre de son pénis dressé. La mémoire d’une telle saillie lui revient. Il en profite pour coulisser lentement et bien sentir ces sensations primales. La femelle respire différemment. Elle a pris de pleines poignées de fourrure et semble le tirer en elle. Leurs bassins prennent un rythme commun qui va en s’accélérant, comme s’accélèrent leurs souffles. Cathy sent les mâchoires entourer sa gorge, sans serrer, une étreinte tendre et sauvage à la fois. Son corps ondule, indifférent au bois brut sous ses fesses et ses épaules. Elle se met à grogner comme lui, le sent accélérer encore, puis ralentir. En longues poussées, le pénis grossit encore et pulse entre les parois serrées de son vagin, répandant sa semence chaude.
Cathy voudrait mordre, griffer. Sa vue se brouille et elle rejoint la bête dans l’orgasme, un orgasme qui dure le temps des spasmes de l’éjaculation. Sans hésiter, elle se cabre et se dégage, se retourne, présentant ses fesses à l’homme-loup qui n’hésite pas, toujours aussi dur, à se glisser en elle à nouveau. Il la pénètre plus profond encore et cette seule sensation la fait gémir sourdement. Elle le sent peser sur elle de tout son poids, et de violents coups de rein cambrent ses fesses relevées. Plus fort ! Les mâchoires se referment cette fois sur sa nuque. Très vite elle se remet à jouir, délicieusement dépravée, consciente de l’avoir rejoint dans une bestialité libératrice. Pourvu que la lune reste encore un peu au zénith !
Voilà un moment que ce blog attendait un petit plaisir… Il manque des illustrations plus précises mais vous utiliserez votre imagination !