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Au seuil des paysages

  • Chant magnétique

    janvier 19th, 2026
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  • Catching the Quotes

    janvier 19th, 2026

    Ideas are like fish. If you want to catch little fish, you can stay in the shallow water. But if you want to catch the big fish, you’ve got to go deeper. Down deep, the fish are more powerful and more pure. They’re huge and abstract. And they’re very beautiful.

    David Lynch, Extrait de Catching the Big Fish: Meditation, Consciousness, and Creativity

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  • Les facettes des cristaux

    janvier 9th, 2026
    Montérégie

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  • Le premier soir

    janvier 9th, 2026

    Il comprit bien que ce n’était qu’un coin du monde. Derrière ces montagnes, il y avait d’autres plaines, d’autres pays, d’autres chambres, d’autres hommes hésitant au bord du lit où une femme va se donner pour la première fois ; d’autres qui s’accoudent à une fenêtre, ayant enfin pris sur eux de s’arracher à leur chair, et comprennent tout à coup que le bonheur n’est pas au fond d’un corps. Il se sentait une étrange fraternité pour ces hommes, accoudés à ce même moment à des fenêtres ouvertes sur la nuit, comme au rebord d’un promontoire d’où l’on ne peut pas se lancer. Car on ne navigue pas sur la nuit. Les hommes et les femmes vont et viennent, dans un espace qu’ils ont créé, encadré de leurs maisons et de leurs meubles, et qui n’a plus rien de commun avec ce qu’était l’univers. Leur espace, ils le transportent avec eux, où qu’ils aillent, et, parce qu’il plaisait à des gens, ce soir-là, de voguer sur le lac dans des barques illuminées, le Léman semblait n’être que le promontoire de couples. Et cependant il existait. Il existait par lui-même, indifférent à tous les rapports qu’on découvre entre lui et l’homme, et Georges comprenait, avec une émotion qui le menait au bord des larmes, que la beauté de ce paysage galvaudé consistait précisément à résister à toutes les interprétations qu’en donne ce qui passe, à se contenter d’être et, quelque effort qu’on fît pour l’atteindre, à demeurer ailleurs.

    Marguerite Yourcenar, Extrait de Conte bleu – Le premier soir – Maléfice

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  • L’acoustique blanche

    janvier 6th, 2026
    Parc national des Îles-de-Boucherville

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  • Il me reste un pays

    janvier 4th, 2026

    Il me reste un pays à te dire
    Il me reste un pays à nommer
    Il est au tréfonds de toi
    N’a ni président ni roi
    Il ressemble au pays même
    Que je cherche au coeur de moi

    Voilà le pays que j’aime

    Il me reste un pays à prédire
    Il me reste un pays à semer

    Vaste et beau comme la mer
    Avant d’être découvert
    Puis ne tient pas plus de place
    Qu’un brin d’herbe sous l’hiver
    Voilà mon jeu et ma chasse

    Il te reste un pays à connaître
    Il te reste un pays à donner

    C’est un pont que je construis
    De ma nuit jusqu’à ta nuit
    Pour traverser la rivière
    Froide, obscure, de l’ennui
    Voilà le pays à faire

    Il me reste un nuage à poursuivre
    Il me reste une vague à dompter

    Homme, un jour tu sonneras
    Cloches de ce pays-là
    Sonnez, femmes, joies et cuivres
    C’est notre premier repas
    Voilà le pays à vivre

    Il nous reste un pays à surprendre
    Il nous reste un pays à manger

    Tous ces pays rassemblés
    Feront l’homme champ de blé
    Chacun sème sa seconde
    Sous l’amour qu’il faut peler
    Voilà le pays du monde

    Il nous reste un pays à comprendre
    Il nous reste un pays à changer

    Gilles Vigneault

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  • Ramure d’or légère

    janvier 4th, 2026
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  • Rubis astérié

    décembre 20th, 2025

    Posséder le joyau d’Escarboucle c’était posséder un gage de fortune et de chance. Barco Centenera passa par de nombreuses et pénibles épreuves à travers les jungles et les fleuves du Paraguay à la recherche de cet animal qui se dérobe; il ne le trouva jamais. A ce jour, nous ne savons rien d’autres au sujet de cette bête, rien d’autre au sujet de la pierre cachée dans sa tête.

    Jorge Luis Borges, Extrait de Le livre des êtres imaginaires

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  • The Arrival

    décembre 8th, 2025

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  • Haut voltage à haute voltige

    décembre 8th, 2025
    Terrain vague (59) – Bande dessinée, etc.

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  • Oreille de lynx

    décembre 6th, 2025
    Montréal

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  • L’oreille

    décembre 6th, 2025

    C’est l’organe grâce auquel nous pouvons percevoir quelque chose de la plus profonde intimité des choses; et il se dissimule lui-même à nos regards dans une profonde cavité du crâne. Sa structure des plus délicates, remplie et baignée de liquide, niche au creux d’un « rocher » très dur, comme un mollusque spiralé qui a secrété autour de lui, pour sa protection, une coquille résistante. Avec le système adjacent des canaux semi-circulaires, l’oreille est un des organes les plus sensitifs de tout notre corps. Quand on jette un regard sur l’oreille externe, on y voit une conque de formes sinueuses qui conduisent au canal auditif externe et s’y perdent. Cette conque, avec son canal, rappelle un entonnoir tourbillonnaire. Le canal auditif externe mène à une première membrane, le tympan, derrière lequel se trouve les « osselets » de l’oreille moyenne. Ceux-ci représentent une minuscule réduction du système locomoteur (selon Rudolf Steiner). Il communique les vibrations à la membrane dite « fenêtre ovale », qui donne sur l’oreille interne. De là, les vibrations sont transmises à des régions encore plus profondes, encore plus ténébreuses : le « limaçon » de l’oreille interne. On passe, en allant jusqu’à l’oreille interne par l’élément aérien, l’élément solide (osselets) et l’élément liquide (labyrinthe). En chemin, chaque forme trahit son origine en reproduisant des motifs de l’élément-eau.

    Theodore Schwenk, Extrait de Le Chaos sensible

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  • Black Lake

    novembre 26th, 2025
    Asbestos

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  • L’Ours Mashku

    novembre 25th, 2025

    Pour guérir
    Laisse-moi manger ton cœur

    Carole Labarre, Extrait de L’or des mélèzes

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  • Quand l’étoile perce la nuée de sève

    novembre 21st, 2025
    Chemin du Lac Supérieur

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  • Orbites

    novembre 20th, 2025

    le ravissement de ton œil
    agrandit l’espace

    la lune tombe
    ou s’élève

    des rangées d’étoiles se jouent
    de mes calculs

    je ne demande rien

    dans ta pensée
    j’existe

    ta pensée est matière
    à étonnement

    Martine Audet, Extrait de Orbites

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  • L’Homme sous la voûte

    novembre 17th, 2025
    Place Lagny

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  • Attendre le vent

    novembre 16th, 2025

    J’ouvre les mains
    et, dans ce monde resté ouvert,
    les petites fleurs ombellées
    de l’asclépiade
    — jusqu’à s’abolir —
    semblent dire que tout est bien,

    qu’il y a tant de façons de ne pas être captives,
    que le fruit qui s’effiloche
    n’a qu’à attendre le vent.

    Car le cœur de chacun est visible

    le cœur de chacun est visible

    et, à la sortie des gris vacarmes du viaduc Saint-Urbain,
    quand je traverse le terrain vague
    qui, en pente légère,
    me ramène à moi-même,
    les asclépiades — du paquet de jeunes tiges pour deux sous
    aux pièges étoilés des métamorphoses — disent encore que tout est bien

    Car le cœur de chacun est visible

    et orange noir toxique
    la lumière qui l’emporte.

    Martine Audet

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  • Soie d’asclépiade

    novembre 15th, 2025
    Parc national des Îles-de-Boucherville

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  • Iambe

    novembre 14th, 2025

    Il y a plus d’une manière pour la voix humaine de nous prendre — de nous tenir en suspens, les tempes froides, le souffle coupé, pour quelques instants l’oreille miraculeusement contre la porte, sur le seuil d’un monde où tout se passe d’une autre sorte, où le temps revient, où le seul toucher rappelle, où le cours même des choses se livre à volonté dans une pure déhiscence de fleur et dont elle nous apporterait le pressentiment dans la pure vibration. Celle-ci m’est restée inconfortable entre toutes en ce qu’elle était la voix la plus nue que j’aie jamais entendue. Plutôt aiguë que grave, il me semble,  —  mais, je crois alors en juger par le souvenir très banalement et très indignement, car le sentiment comblant de son immédiat pouvoir me consentait pas à l’enfermer dans un registre délimité. La langue certainement m’était inconnue : c’est par une préférence tout arbitraire que lorsque le timbre m’en revient à l’oreille, je songe toujours à la langue gaélique dont le nom et le domaine géographique m’enchantent et m’engagent à ne pas tenir compte de ses sonorités probablement rudes et rauques, tant la voix ressuscitait pour moi les rivages de l’Irlande et faisait malgré tout de la fenêtre pluvieuse une fenêtre de Keats.

    ... opening on foam
    Of perilous seas, in faery lands forlorn.

    Julien Gracq, Extrait de La maison

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