Je reviens ici pour clôturer ce blog, de toutes façons bien moins nourri depuis presque 2 ans. L’aventure pmesque n’est peut être pas finie pour nous (il nous reste un petit blastocyste) mais le besoin impérieux de partager s’est estompé. Et le temps d’écrire me manque, encore davantage avec l’arrivée de M… alors le récit de sa naissance sera le dernier post de ce blog.
23 mars au soir, on s’octroie à la faveur de la présence de belle maman une séance de ciné. « Grâce à Dieu », excellent soit dit en passant. Après avoir visité la maternité le matin et fait de grosses courses de ravitaillement, on a profité de l’après-midi pour faire une belle balade tous les 4 avec N., 20 mois, et prendre quelques jolies photos sous le magnifique soleil de février (bien trop chaud soit dit en passant).
On se couche donc un peu tard… et on se réveille un peu tôt ! A 5h15, 37+5, je perds les eaux. M. n’a pas respecté ma consigne, attendre jusqu’au 1er mars. Et le scénario « perte des eaux » en premier ne me plaît pas – rapport à la douleur des contractions, connue pour être plus forte dans ce cas.
Des contractions, j’en ai quelques unes, ni très fortes ni très régulières. On décide malgré tout de partir rapidement à la maternité compte tenu de l’arrivée très rapide de N. – tout le monde nous a dit que ça peut aller plus vite pour un 2me enfant. Un gros bisou à N. qu’on réveille pour lui expliquer ce qui se passe, à belle maman qui n’en revient pas que ça arrive alors qu’elle est là, et zou on est partis.
Sur place, examen : le monitoring est parfait. Le col par contre n’est pas prêt, toujours long et ouvert à 2. Du coup la sage-femme nous installe dans la chambre. J’ai le droit de boire et même au petit déjeuner car le vrai travail n’a pas commencé. Et comme on est dimanche, croissant !
L’équipe change à 8h. La nouvelle sage-femme passe nous voir vers 10h30. Nouveau monitoring : ras tout va bien. J’ai fait un petit somme et du coup j’ai moins de contractions. J’aimerais pourtant accoucher aujourd’hui et que N. puisse venir nous voir ce soir. Et aussi, éviter les antibio à notre bébé – en cas de rupture de la poche des eaux, on nous donne des antibio 12h après la rupture pour éviter une infection au bébé. J’ai donc jusque 17h 😊.
Je me mets à parcourir la chambre, en marchant, en dansant. V. somnole sur la banquette. Les contractions reviennent, un peu plus régulières. Il fait beau et chaud dans la chambre. L’heure du déjeuner arrive. Bof bof. Et bien sûr rien de bio ni de local – soit dit en passant. Un jour on y arrivera…
Nouveau contrôle vers 14h30. Les contractions se font maintenant bien sentir. Le col a bien raccourci mais ne s’ouvre pas plus. Pourtant je sens que ça commence à avancer tout ça… Je prends une douche puis, vers 16h, en accord avec la sage-femme, on décide de monter en salle de naissance. Je me cale sur le ballon pour un nouveau monitoring.
Tout est toujours ok pour le bébé. Elle m’examine, le col est à 3, ça y est le travail commence vraiment. Je suis contente tout en me disant, put* seulement 3, ça va être long ! Je reste sur mon ballon, les bras en appui sur le lit qu’on a monté au plus haut. Je commence à avoir besoin de la main de V. en bas du dos pour m’aider à faire passer les contractions. Je retrouve ces sensations si particulières, et la manière instinctive de les apprivoiser – le spasme qui monte et durcit, tenir la respiration aussi loin que possible, decrisper les mains, vocaliser un peu…
Un peu avant 17h (je crois, je commence à ne plus trop gérer l’heure), je demande si je peux aller dans la baignoire. Pour N. elle était occupée à notre arrivée et ensuite tout était allé si vite que la question ne s’était pas reposée. Ici (eh oui on n’est plus à Paris !!), il y a une baignoire pour 2 salles de naissance, c’est donc rare de ne pas pouvoir y accéder. Cette fois la sage-femme est d’accord (il y a une heure c’était selon elle un peu tôt, avec le risque de ralentir le travail).
On fait un mini monitoring. Pendant ce temps là, elle me fait passer la perf d’antibio… on n’y aura pas coupé ! Heureusement elle est très douce, la mise en place du cathéter n’est pas douloureuse.
Le bébé pète toujours la forme, la baignoire a fini de se remplir, on y va. Ça sent bon les huiles essentielles. Je ne sais pas trop comment me positionner là-dedans. Assise au début, je m’allonge assez rapidement pour immerger mon ventre au maximum. Les contractions sont rapprochées et de plus en plus fortes. Ça devient plus difficile. La sage-femme passe de temps en temps, discrètement, pour voir où nous en sommes. Je ne la vois pas, je garde les yeux fermés, concentrée, dans ma bulle. A un moment je demande à Victorien de l’appeler car la dernière contraction a été vraiment intense et je crois que l’envie de pousser n’est pas loin. La sage-femme l’examiner, dans l’eau, et confirme : col ouvert à 9 ! Je lui demande : du coup on fait quoi pour la suite ? Elle me répond: eh bien ça va être le moment de quitter la baignoire et d’y aller !
V. et elle m’aident à me lever et à sortir, me couvrent d’un grand drap serviette. Dans la salle de naissance, elle me demande si je veux tenter le tabouret d’accouchement. Franchement je n’en sais rien, je sais juste qu’il faut y aller ! Je lui dis pourquoi pas. Pour N. la naissance avait eu lieu en position gynéco après avoir tenté le 4 pattes et le côté sans grand succès. Je n’étais pas très efficace. Donc là ça me va bien de tenter quelque chose de nouveau.
Je m’assois sur le tabouret, la sage femme est devant moi et V. me soutient derrière. Il me dira plus tard que ce choix lui a permis de se sentir davantage partie prenante dans cette dernière ligne droite.
Je sens que le bébé descend, j’essaie de l’accompagner à chaque nouvelle contraction. Je me sens beaucoup plus efficace dans les poussées que pour N. La sage-femme m’encourage, me dit que c’est bien, que le bébé arrive. V. aussi m’encourage et me dit que je l’ai déjà fait, que ça va bien se passer. Je m’entends leur répondre d’une voix chevrotante : « Oui mais ça fait maaal ! » (cette réplique ridicule me fait encore rire 3 semaines après). Ça y est, la tête est passée, la sage-femme me dit qu’il faut pousser une dernière fois pour faire passer l’épaule er qu’après je pourrai attraper notre bébé. Grosse décharge d’adrénaline et d’émotion, je pousse et il est là, dans mes bras, il est tout bleu blanc rouge, tout petit mais il crie vigoureusement… Tout le monde m’aide à nous installer sur le lit. Et zou directement M. se met à téter.
Deux heures de peau à peau, c’est le bonheur. Bon, mis à part les petits trucs qu’on oublie vite ensuite : la délivrance (comme pour N. très rapide et spontanée, ce qui me permet d’échapper à la perf d’ocytocine – cette fois j’ai pensé à demander à voir le placenta. Ben c’est pas très joli – mais certes, ce n’est pas ce qu’on lui demande !) et surtout les tranchées (les contractions de l’utérus qui se « résorbe », plus douloureuses à chaque nouvel enfant – effectivement pour N. je ne me souvenais pas de ça et franchement après avoir tout donné pour la naissance on n’a plus envie d’avoir mal ! Heureusement spasfon et doliprane permettent de faire passer la douleur).
Vers 20h30, je retrouve ma chambre, un dîner pas dingue et on commence à s’apprivoiser tous les deux. V. est rentré à la maison embrasser N. et lui montrer les photos de M. C’est l’une des vraies différences entre ces 2 naissances : il faut aussi conserver un équilibre pour l’aîné ! Pas toujours simple…
Bref. Cela fait 3 semaines et je suis gateuse devant ce petit homme. Je retrouve des sensations, des moments, des émotions vécues pour N. : ces petites mains araignées qui s’agrippent partout pendant les tetees, ces petits bruits de bébé incessants et parfois flippants, la joie du peau à peau ou simplement de faire une sieste avec M. posé sur moi, regroupé comme une petite boule toute chaude. L’émerveillement devant ces grands yeux ouverts qui cherchent à comprendre ce qui les entoure. La pureté absolue de ce si petit visage endormi. Les vêtements si mini. L’odeur du lait.
La fatigue aussi. Mais elle me semble moins lourde que pour N. D’abord parce qu’on n’a pas de déménagement à organiser de Paris à une autre ville (clin d’oeil Psychota), pas de cartons à faire entre les tétées, d’abonnements à transférer, etc. Aussi parce que pour le moment M. est un bébé plutôt cool. Il n’aime pas trop être posé mais dort bien dans l’écharpe. Les nuits sont parfois compliquées, parfois pas. Surtout il n’a pour l’instant pas de reflux ni de coliques, quelques petites douleurs de temps en temps mais rien à voir avec N. qui au bout de 10 jours se tordait sans arrêt de douleur de jour comme de nuit… avec bcp de stress pour nous et des nuits très dures. Donc même si tout n’est pas rose, c’est malgré tout un grand soulagement de ne pas le voir souffrir. Je suis aussi je crois globalement plus détendue, avec l’expérience du premier !
M. grandit et grossit bien. J’essaie donc de me calmer par rapport à l’allaitement, qui s’était super bien passé pour N. pendant les 2 premiers mois mais qui était ensuite devenu chaotique avec prise de poids non optimale, jusqu’à un diagnostic de freins trop courts et une section des freins à 4 mois qui n’a rien changé et m’a conduite à faire du tire-allaitement jusque ses 8 mois. J’aimerais ne pas avoir à recommencer cela… mais pour l’instant tout roule !
A la maison avec N. ça se passe plutôt bien. N. lui fait des petits câlins et des coucou. Il déteste en revanche quand je lui donne le sein. On trouve avec V. qu’il vit bien la présence de cet « intrus » même si clairement il voudrait parfois nous avoir pour lui tout seul (comme quand il demande à ce que l’on pose M. dans son lit). Il a fait des progrès énormes en 3 semaines, surtout en motricité et pour faire des choses « comme les grands ». Je culpabilise parfois de faire un peu moins de choses avec lui mais je me console avec nos gros câlins du soir ou du matin. Et en me disant aussi que d’ici quelques mois il pourra partager beaucoup de choses avec son petit frère.
Bref. Tout va bien pour nous 4 malgré les moments moins faciles. Tout ça on le doit à la PMA et à cet accompagnement dont nous avons eu la chance de bénéficier. On ne l’oublie pas et on en est tellement reconnaissants.
Les dernières lignes sont pour vous. Merci à celles et ceux qui m’ont lue, soutenue, réconfortée depuis l’ouverture de ce blog. Cela a été très important et je suis heureuse d’avoir tissé des liens avec certaines au-delà du blog. Je suis aussi très heureuse d’avoir lu de bonnes nouvelles chez beaucoup d’entre vous, quel que soit le chemin emprunté, et l’arrivée de ces bébés tant attendus. Même si l’après n’est pas toujours facile… et je pense fort à vous qui êtes confrontés à des soucis de santé des enfants ou des soucis de couple – plein de pensées de soutien pour traverser ces moments.
Je pense aussi très fort à celles et ceux pour qui le rêve ne s’est pas (encore) concrétisé. Je vous souhaite de tout coeur de trouver le courage d’avancer, de continuer à vous battre si c’est là votre choix, et dans tous les cas de retrouver apaisement et douceur malgré cette immense injustice.
Et en cas de besoin, je ne ferme pas ma boîte mail.
😙🍀💪

