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L’atelier d’écriture de bric à brook nous invite chaque semaine à écrire sur l’inspiration d’une photo

Les moustiques, en rang serré, plus assoiffés que jamais, sur la joue gauche, le menton, le front exactement au milieu, la base du cou, m’attaquaient sans répit, moi qui pensais profiter d’une soirée confortablement installée sur une chaise longue au milieu de la pelouse, munie d’un livre, d’une tisane et de carrés de chocolat, que je dégustais à coup de minis crocs, les laissant fondre à la chaleur du palais, ce qui, selon une récente étude australienne, ne fait pas grossir.

De la main droite, celle qui tourne les pages du livre, je faisais des ronds de bras rapides destinés à chasser les moustiques intrusifs, redoublants d’imagination, vrombissant à gauche et piquant à droite, vieille technique toujours pas usée.

Mon compagnon installé en vis-à-vis sur la terrasse, s’abandonnait à la lecture d’un quotidien local, m’apercevait, m’avoua t’il plus tard dans la soirée, faire des signes de la main pour lui envoyer des coucous de temps en temps et aussi lui indiquer de venir me rejoindre, ce qu’il n’envisageait pas, car il était gagné par une torpeur molle et chaude, ultra confortable, qui l’engonçait de plus en plus au creux du relax et ainsi ses bras se levaient un peu plus davantage au dessus du thorax ce qui faisait disparaître tout à fait son visage derrière le journal, coupant toute visibilité sur l’extérieur.

La bougie citronnelle-menthe poivrée ne répulsait plus personne, j’en arrivais à me foutre des claques, les nerfs à vif je n’étais plus en harmonie avec les grands chênes séculaires et j’imaginais ma bobine demain midi, boursoufflée de pustules rouges et urticantes lors de la healty-party dans le garden de nos voisins dont le menu me servait de marque-page : toasts végétariens, chips de feuilles d’arbres, salade au chanvre et pissenlit, pounti à l’ortie,  et croquants aux graines de courge, servi avec un kombucha maison dont elle avait le secret et autres joyeusetés issues de la nature locale.

Je ne nie pas. La campagne a des atouts majeurs sur notre santé mentale et physique, mais toute proportion gardée restons dans le raisonnable et la simplicité, mangeons ce que le nature nous offre, aimait à dire le mari de la voisine, se gavant d’un petit four vert au très certain pouvoir hallucinogène, qu’il consommait sans modération depuis plusieurs années, aveuglé par l’amour allant même à transformer sa mini voiture électrique en appareil de levage pour offrir à Anne-Bertille, sa bien-aimée, d’énormes pots de fleurs, chaque dimanche..

Nous les avons reçu à déjeuner pour ne pas avoir à affronter les ravages des moustiques, autour d’un enchaud-potatoes biologique (la moindre des choses), Charles-Edouard en a pris trois fois et Anne-Bertille s’en léchait les doigts en affirmant qu’il fallait du bon gras, de l’oméga 3 et de l’oméga 6 pour survivre en ces temps difficiles et que la nature était bien faite affirmait-elle après sa dernière gorgée de Bourgogne. Mon gâteau au chocolat aux 8 œufs disparu comme neige au soleil, ainsi nos voisins apprécièrent-ils sans vergogne ni chichi, les hamacs destinés au repos réparateur. Une agréable brise soufflait entre les feuillages, les oiseaux et les grillons turlutaient paisiblement en ce dimanche de mai.

Je n’étais jamais venue dans ce musée. Les affiches lumineuses que j’avais aperçues un soir dans une avenue adjacente, m’avaient décidée à prendre une entrée en un clic le même soir, et de le visiter une semaine plus tard.

L’endroit me plaisait et je m’imprégnais de l’ambiance asiatique et luxueuse propice à l’éblouissement.

L’air admiratif  que je prenais devant chaque toile me tenait lieu de présence complice, je restais plusieurs minutes debout devant une toile, d’une main je tenais le prospectus indiquant le nom de l’artiste, le nom de l’oeuvre et son prix.

Ces toiles immenses calligraphiées avec une précision impeccable ornaient les murs de ces vastes pièces, hautes de plafond, lumineuses embaumant l’encaustique.

Les pas de chaque visiteur qui se voulaient discrets couinaient sottement sur le parquet ciré, et donnaient l’idée que chaque personne qui passait derrière mon dos, marchait au ralenti tentant de ne pas faire de bruit. Les grandes pièces silencieuses s’amusaient à faire résonner ces bruits répétitifs ressemblant aux bruits de gorge d’une grenouille amoureuse.

Etrangère, calfeutrée sous mon masque je pouvais faire la moue ou un sourire en silence devant ces toiles qui ne me parlaient pas, les regards ne croisaient que d’autres regards. Je tentais de déchiffrer un toit de maison et un personnage qui s’y abritait, ou une faux à l’envers munie de deux lames, ma recherche butait obstinément contre l’analphabétisme du mandarin. Rien ne s’expliquait, aucun éclairage fulgurant ne m’aidait à comprendre.

L’agent d’accueil s’approcha de moi, ses chaussures tout cuir claquaient sobrement sur les lattes de bois,  il tourna le visage vers moi, pour mieux se faire comprendre  pensais-je, et d’une voix basse me dit : « Bonjour, la traduction est ici, en bas à gauche … » sa phrase resta en suspens, alors qu’en guise de réponse aimable je lui adressais un sourire qu’il ne pouvait voir, ma surprise ne me laissa pas la possibilité de m’exprimer rapidement. Il engageait déjà un pas de côté avec une somptueuse élégance, comme un pas de danse, en me souhaitant une bonne visite ; étais-je restée plus longtemps qu’une ou deux minutes, à observer la toile, et lui, m’observait-il depuis une ou deux minutes sans que je m’en aperçoive ?

Je scrutais son dos et ses épaules, de sa démarche altière il rebroussait chemin, souriait-il à son tour de cet imprévu ou de cette intention minutieusement choisie,  je ne discernais rien, les bras ballants je tournais doucement la tête vers cette calligraphie indéchiffrable. Lorsque l’agent disparu tout à fait de mon champs de vision, je m’inclinais vers la gauche, jambes fléchies buste en avant pour enfin lire et comprendre ce que signifiaient ces caractères noir sur blanc « Le bonheur et le malheur ne viennent que de nous-même. Meng Tzu. »

J’admirais moins longtemps chaque toile, je ne trichais plus dans une attitude faussement inspirée, je lisais en premier les traductions qui indiquaient une foule de renseignements supplémentaires en parallèle avec la brochure, puis, obstinée encore un peu je tentais de déchiffrer quelques signes, par amusement vers un intérêt nouveau.

L’atelier d’écriture bric à book nous donne la possibilité d’écrire d’après une photo

l’atelier de bric a book, pour écrire d’après une photo

Sur le ponton de bois

Nous danserons de joie

Un ou deux jours d’attente fébriles

Préparer l’itinéraire habile

Bien que nous le connaissons par cœur

Les Nationales et les parcours du cœur

Faire nos valises où s’empilent

Nos jours de fête

Nos soirées à la guinguette

Nos matins de cueillettes

Nous danserons sur le ponton

Menton contre menton

Réunis, serrés, profiter

Ne plus se quitter

C’est entre le saut de joie et le chassé, que Je serais ta bohème, tu seras mon monarque

l’atelier d’écriture de bric à book

La chapelle où une dizaine d’adultes se réfugiait pour la messe de minuit, m’offrait un moment béni par un Dieu surpuissant.

Car, enfin, pendant près d’une heure nos parents n’ouvraient pas la bouche, ni pour râler ni pour gronder. Silence à l’odeur d’encens entrecoupé de chants aux débuts difficiles avec éclaircissement des voix, raclement de gorge, et toux bronchique. Les notes entonnées ne portaient aucune mélodie, certainement que le contenu des paroles ne passionnait personne.

Le Père Noël chantait à tue-tête sur son traîneau au rythme des clochettes que les élans portaient avec grâce et un certain chic autour du cou.

Jamais compris ce mystère : pourquoi le Père Noël n’avait-il pas opté pour un train avec une cinquantaine de wagons ?

Bref, papa était avantagé il faisait partie de la chorale du village le plus proche, sa belle voix grave et assurée l’emportait sur toutes les autres, maman faisait du play-back et même que je voyais parfois qu’elle chantait n’importe quoi, d’autres dames chantaient comme la Castafiore. D’ailleurs dans le coin à gauche au fond, au dernier rang était assis le capitaine Hadock avec sa pipe éteinte au coin de la bouche.

Allez en paix mes enfants !

Au sortir de la chapelle la surprise m’a ravie, la neige s’étaient invitée en silence, le jardin du château était féériquement peint en blanc et je chantais en sautillant sur mes petites jambes … Magnificat ! Magnificat ! Gloire à toi Seigneur !

Car, enfin, pendant près d’une heure nos parents n’ouvraient pas la bouche, ni pour râler ni pour gronder. Silence à l’odeur d’encens entrecoupé de chants aux débuts difficiles avec éclaircissement des voix, raclement de gorge, et toux bronchique. Les notes entonnées ne portaient aucune mélodie, certainement que le contenu des paroles ne passionnait personne.

Le Père Noël chantait à tue-tête sur son traîneau au rythme des clochettes que les élans portaient avec grâce et un certain chic autour du cou.

Jamais compris ce mystère : pourquoi le Père Noël n’avait-il pas opté pour un train avec une cinquantaine de wagons ?

Bref, papa était avantagé il faisait partie de la chorale du village le plus proche, sa belle voix grave et assurée l’emportait sur toutes les autres, maman faisait du play-back et même que je voyais parfois qu’elle chantait n’importe quoi, d’autres dames chantaient comme la Castafiore. D’ailleurs dans le coin à gauche au fond, au dernier rang était assis le capitaine Hadock avec sa pipe éteinte au coin de la bouche.

Allez en paix mes enfants !

Au sortir de la chapelle la surprise m’a ravie, la neige s’étaient invitée en silence, le jardin du château était féériquement peint en blanc et je chantais en sautillant sur mes petites jambes … Magnificat ! Magnificat ! Gloire à toi Seigneur !

l’atelier d’écriture de bric à book nous offre la possibilité d’écrire d’après une photo

Notre vol en montgolfière s’est terminé là, dans un champ non loin de Rocamadour, le soleil rosissait le ciel de cette fin de journée, et nous avions envie de rentrer par nos propres moyens ; à pied..

Légers comme l’air nous nous sommes dirigé vers un chemin balisé, Thérèse affirmait leur fiabilité et mon cousin Bertrand et son meilleur ami, Peyo, cherchaient déjà un petit coin pour dormir à la belle étoile.

Nous avons opté pour un pré encerclé d’une futaie de charmes, les hautes herbes se sont couchées sous nos corps las et rompus de fatigue, le maigre repas était le début d’un jeûne préconisait Bertrand en grand connaisseur, et que demain matin nous nous sentirions encore mieux.

L’alarme de la veille prévue pour partir de bonne heure en week-end, nous a réveillée à 4 heures du matin, désappointement général, mais rebondissement du cousin qui n’était jamais à court d’idées, ni d’énergie : il faut absolument voir, au moins une fois dans sa vie, le lever du soleil sur Rocamadour. …. Quoi ?! …. Allez ! On fonce, on y sera dans environ une heure et trente cinq minutes … Pile poil !

Nous le suivons, cahin caha, lampes frontales et ventres vides.

A notre étonnement général la marche est agréable et intéressante, légère et instructive, nous sommes à l’écoute dans cette nuit étoilée. Nous arrivons sur un plateau du Quercy, aride, quelques moutons paissent tranquillement, et nous empruntons un petit coin de leur paradis, pour nous assoir, le derrière sur l’herbe fraîche parsemée de rosée, et enfin admirer l’aube naissante qui colore de rose et d’orangé les façades du petit village accroché au roc : rocamadour. C’est grandiose, sublime, majestueux, féérique, nous sommes bouche bée. Très vite les premiers rayons du soleil font miroiter une multitude d’étincelles dorées sur les pierres de chaque maison, le spectacle est merveilleux. Tout s’éclaire, tout ruisselle de lumière.

Cousin Bertrand prend sa voix de conteur et nous narre la légende de la Vierge Noire, abritée dans la petite chapelle creusée dans la roche et que parfois un rayon de soleil illumine de rouge flamboyant par l’interstice d’un petit vitrail. Que ferions-nous sans lui, il apporte de la magie à la magie, de l’émerveillement avec son talent de conteur. Nos sincères remerciements lui donne des ailes.

Tout transportés nous avons franchi la petite vallée en contrebas pour rejoindre l’autre côté du vallon, et visiter chaque recoin de ce village, haut lieu de pèlerinage : la chapelle miraculeuse, la basilique, l’épée de Roland et le restaurant surplombant la vallée.

Je le découvre en poussant la porte de son atelier, assis sur un tabouret à vis, la pointe de son pinceau instille la peinture par touches parcimonieuses … Entrez ! Entrez ! lance-t-il d’un ton joyeux, sans que ma présence le perturbe, heureux d’avoir une visite.

C’est un peintre. Vêtu d’une blouse trop grande pour lui, sa chevelure blanche et soignée encadre un visage fin. Ses yeux à l’éclat métallique vous transperce et le sourire ne s’éloigne jamais de sa bouche à demie couverte d’une moustache à l’italienne. Il peind toute sorte de schémas anatomiques, étrange lieu.

Je suis aussitôt envahie par une odeur familière de bois chaud, cette odeur qui caractérise un grenier sous la chaleur de l’été, mêlée à celle de la peinture, je suppose …

« J’ai ….  Je …. » Les mots ne viennent pas facilement, j’avais pourtant ressassé mon discours sur le chemin, mais là, devant lui c’est très différent.

Profonde inspiration, « je suis votre nièce unique » …

Cette fois il lève les yeux pour me dévisager, cherchant peut-être une ressemblance, un trait familier, un regard complice.

Je lui tends le rouleau qui lui est destiné. Sa main fébrile le saisit, le déplie avec précaution conscient qu’une chose incroyable y est enfermée.

Quatre petites lettres signent le tableau : Rose … Il tressaille. « Approche-toi » … Lentement, il a prononcé ces deux mots, comme une libération inattendue, un espoir inespéré. Un long moment s’écoule, emplit de silence, moment béni des Dieux, extrêmement voluptueux, aucune gêne, même l’éternité pourrait y avoir sa place.

« Il me ressemble … » prononce t’il avec difficulté, la réalité éclate, l’émotion est intense, la révélation est fracassante. Le portrait qu’il tient entre ses mains tremblantes, lui ressemble. Je laisse le silence véhiculer le trop plein d’émotion.

Puis je me lance, « Elle m’a toujours dit qu’elle vous reconnaitrait, elle était persuadée que vous étiez encore en vie ».

Il me regarde à nouveau, l’éclat métallique semble avoir des étincelles, et parle avec difficulté, le souffle court : « Moi aussi je l’ai toujours cru, mais j’avais tellement peur d’être déçu que j’ai préféré taire ce sentiment au fond de moi, comme un secret »…

Les minutes s’éternisent, puis, il ose : «  Que devient-elle », se hasarde-t-il en souffle libérateur, car la question est difficile, il craint la réponse, mais il est implorant.

La porte de l’atelier s’ouvre doucement, Rose apparaît, vibrante d’émotions, un sourire magnifique sur les lèvres … Yoseph ! (ma mère attendait dans le vestibule, la porte entrouverte lui permettait d’être à l’écoute).. Le frère et la sœur s’enlacent avec passion, c’est un tableau magnifique dont je suis la seule admiratrice. Je prends une photo, sans déranger leur intimité, ils sont loin déjà, perdus, en pensée, l’un et l’autre dans les souvenirs terribles de leur enfance volée, ballotée en arrestation, déportation et camp de la mort.

un texte inspiré par la photo proposé par l’atelier d’écriture de bric à book

http://www.bricabook.fr

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Nous sommes arrivées toutes les trois par une nuit très sombre, dans un bivouac au Sud du Maroc, après avoir franchi plusieurs portes du Désert. Seul, le ciel, outrageusement étoilé accaparait notre regard, tout, autour de nous était baigné de nuit profonde, rien ne se laissait deviner.

Le lendemain matin, de très bonne heure, le guide nous a réveillées en secouant doucement le bout de nos sacs de couchage.

Le désert qui s’offrait alors à nous ne ressemblait pas à l’idée que l’on se fait de lui, immense étendue de sable, non, c’était plutôt montagneux.

Après quelques dattes et un thé sirupeux réconfortant, le guide a tendu son index dans le prolongement de son bras pour nous indiquer le chemin à emprunter sous les faibles lueurs de l’aube naissante, nous faisant comprendre qu’il nous attendrait ici.

Nous avons marché en silence, mues par une incroyable curiosité,  jusqu’à une large ouverture entre les collines de sable. Nous avons fait quelques pas en avançant sur un promontoire au-dessus d’une vallée profonde. Devant nous s’offrait un lieu gigantesque, splendide, , surprenant, un paysage d’une beauté particulière, nous coupait le souffle.

Quelques secondes d’intense émotion se sont ancrées en moi. Le soleil à peine levé nuançait déjà le paysage de couleurs uniques, d’ocre, de saumon, de grenat. Une magie qui intensifiait les couleurs au fil des minutes !

 Il n’y avait aucun bruit, le silence absolu en pleine nature.

Bouches bées et yeux écarquillés, aucun mot n’a été prononcé devant ce spectacle grandiose qui nous interrogeait, nous submergeait, chaque promontoire, chaque excavation étaient parfaitement à sa place, tout était à cet endroit.

…Aucun mot ne désigne ce que je vois, on n’est plus conscient, on se mélange avec ce que l’on voit, c’est une rencontre d’une évidente beauté, un dialogue émotionnel qui vous chamboule à l’intérieur, qui vous donne de la force, une certitude d’un avant et d’un après, une intention particulière…

Nous sommes restées ainsi une vingtaine de minutes, où respirer n’est plus important, le moment présent nous happe …  puis … en nous retournant notre guide était près de nous, venu à notre rencontre, souriant, d’un sourire magnifique, il a posé sa main droite sur le cœur en s’inclinant vers nous, instinctivement nous avons répondu de la même façon.

Il nous avait offert ce qu’il avait de plus précieux au monde.

(Très largement inspirée par l’émission de Sonia Kronlund, Les Pieds sur Terre, « éblouissements » sur France Culture.)

L’atelier d’écriture de bric à book nous offre un temps d’écriture d’après une photo

www:bricabook.fr

Elle est en retard, au rendez-vous, tout s’est passé sans elle.

Son pantalon noir dénote.

Sa sacoche de reporter pèse sur son épaule.

Peut-être n’existe-t-elle pas …

Qui sont ces gens qui travaillent de l’autre côté des fenêtres ?

La machine infernale des questions sans réponse reprend son rythme fou.

Elle a mal à la tête, et se demande ce qu’elle fait là, dans ce couloir sans fin.

Blanc. Immaculé. Une vérité désolante l’accapare. Où suis-je ?

Ici la vie n’a aucun sens. Ces gens sont des robots. Il n’y a rien de vrai, c’est une fiction, j’ai du manquer de vigilance lorsque je jouais au jeu vidéo.

En sortir. Par où ? Comment ? ……

Un panneau lumineux à droite, signale « Prendre l’arme dans la sacoche » 4 secondes « Briser la vitre de gauche » « Sauter ! »

l’atelier d’écriture d’alexandra http://www.bricabook nous invite à écrire, et écrire …

Elle cherche son casier judiciaire celui dans lequel sont inscrits ses maux, l’écume des jours et des silences remplis de haine.

Seul le juge y appose son humeur du jour.

Elle cherche parmi son  alphabet, fouille les consonnes, envoie valdinguer les voyelles, son casier ne tourne pas rond, pas comme celui d’un pêcheur, mais il est carré, issu de la justice.

On frappe à la porte. On insiste. On tambourine.

C’est lui ! …

Elle cherche encore, frénétiquement, ses doigts sont maladroits, son cœur tape trop fort, sa vue se brouille … elle fait n’importe quoi …. Ça tambourine, une voix s’élève, elle ne comprend pas, n’écoute pas, elle met tout sans dessus-dessous, fout le bazar, il est trop tard, … le verrou cède, la porte s’ouvre … elle aurait tant voulu prouver sa virginité judiciaire.

Neuf.

Le numéro neuf, dans ce casier il y a la lettre i, comme innocente.

Il est trop tard, c’est beaucoup trop tard, ses poignets sont menottés, plus rien n’existe, plus de bruit, plus de son, seul celui des bottes en cuir qui frappent le sol carrrelé.

l’atelier d’écriture d’alexandra nous invite à écrire un texte sur une photo

La journée va être délicieuse, pensais-je, au moment où J’abandonnais mon bain bien chaud, tendre cocon, un pied puis l’autre sur le tapis de la salle de bain. Et Hop, ma petite robe à fleurs, un petit gilet au cas où, et hop hop hop je file en voiture chez mes amis.  C’est la journée de la Culture. Youpiiii !!!! Petit break en dehors des barrières sanitaires qui deviennent nos gestes quotidiens.

La  porte s’ouvre, ils sont tous là, m’accueillent en souriant mon amie me montre les six billets de cinéma pour la séance de onze heures. Tout est vrai, je touche les billets, émue. Allez ! On y va ! Nous nous entassons tous les six dans la berline, en riant, papotant, chaleureusement serrés et extrêmement excités à l’idée d’aller au cinéma. La salle se noircit peu à peu d’ombre et de cinéphiles, le film commence. Quelle joyeuse séance, nous avons des larmes plein les yeux tellement nous rions et que l’émotion nous a transportée.

Dans le hall du cinéma de délicieuses odeurs de cuisine nous donnent faim, nous nous réunissons autour d’une petite table ronde et apprécions les mets végétariens proposés par le chef de ce petit restaurant rapide ouvert aux heures du cinoche. Et toi, c’est bon ? Ca à quel goût ? Il plante sa fourchette dans le tofu mariné et j’ouvre la bouche pour la dégustation … miam ! Il en profite pour piquer dans mon assiette une raviole aux épinards … Plaisir de partager, sensation de donner et de recevoir.

Dehors le ciel bleu nous invite à faire une promenade sur les hauteurs de la ville au cœur des jardins suspendus, bras dessus bras dessous, le nez au vent la bouche en cœur. Ca sent bon !

Déjà l’heure de Molière arrive pour bien clôturer cette journée, les garçons changent de chemise et les filles de chaussures, un petit rafraîchissement et hop ! Direction le théâtre et ses fauteuils en velours rouge, l’ambiance feutrée on chuchote, on se parle à l’oreille, comment ? Qu’est-ce que tu dis ? et on chuchote à nouveau…Bouche collée à l’oreille, on se fraye un passage jusqu’à notre place, on écrase quelques pieds, pardon, excusez-moi, .. je vous en prie …, on étouffe des rires et on se laisse choir sur nos fauteuils.

Trois coups retentissent puis Sganarelle arrive en trombe sur scène, il parle seul, gesticule, rit, .. Nous rions déjà, mais de quoi ? D’être ensemble les uns contre les autres, sentir le souffle du voisin, entendre celui de l’ami, ressentir les vibrations qui circulent partout sans barrières ! Vivre des moments heureux et se nourrir les uns des autres.

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