Au pays des épices, le safran est roi !!!
Un peu d’histoire, grâce à Wikipédia : (vive le copier/coller, une fois de plus)
« »L’histoire du safran, dans sa culture et son usage, remonte à plus de 3 500 ans et traverse plusieurs cultures, continents et civilisations. Le safran, une épice issue des stigmates séchés de fleurs de safran (Crocus sativus), fait partie des substances les plus chères du monde de toute l’Histoire. Avec son goût amer, son odeur proche du foin et ses tons légèrement métallisés, le safran est utilisé comme assaisonnement, parfum, teinture et médicament. Le safran vient du Moyen-Orient, mais a été cultivé pour la première fois en Grèce
L’ancêtre sauvage de la fleur de safran domestique est le Crocus cartwrightianus. Des agriculteurs ont élevé des spécimens de C. cartwrightianus en sélectionnant des plantes ayant des stigmates particulièrement longs. À force de croisements, à la fin de l’âge du bronze, une forme mutante de C. cartwrightianus, C. sativus, est apparue en Crète. La première référence au safran a été repérée dans des écrits botaniques assyriens datant de l’ère d’Assurbanipal (VIIe siècle av. J.-C.). On a retrouvé depuis des documents indiquant l’usage du safran sur 4 000 ans dans le traitement de quelque quatre-vingt-dix maladies. Le safran s’est ensuite lentement propagé à travers l’Eurasie, atteignant plus tard l’Afrique du Nord, l’Amérique du Nord et l’Océanie.
Les Maures auraient réintroduit des cormes de safran dans la région poitevine après leur défaite contre Charles Martel lors de la bataille de Poitiers . Deux siècles après leur conquête de l’Espagne, les Maures ont planté du safran dans les provinces du sud d’Andalousie, de Castille, de la Manche, et de Valence.
De nombreuses provinces françaises s’adonnèrent la culture du safran, notamment l’Orléanais en concurrence avec le Vaucluse et l’Angoumois. La cueillette du safran, besogne délicate et minutieuse, revenait aux enfants et aux femmes. La première ordonnance régulant le commerce du safran français, est rendue à Blois le 18 mars 1550. Le Livre du Safran, publié à Poitiers en 1568, mentionne que les allemands achètent chaque automne du safran en Charente pour une valeur de cent mille livres tournoi. En 1698 un édit de Louis XIV en autorise la récolte. Une lettre patente du roi en date de 1772 indique que des inspecteurs du safran seront nommés dans quinze villes françaises, avec entre autres Rouen, Orléans, Pithiviers, Dijon, Avignon, Albi, Cahors, Angoulême et Pont-Saint-Esprit. Une lettre du préfet du Vaucluse en 1808 mentionne « la supériorité du safran à la mode d’orange pour la région de Carpentras. Ce n’est que vers 1850 que le Gâtinais prendra le dessus. Les champs de safran disparaîtront totalement en France après la Première Guerre mondiale
Quand la Peste noire ravage l’Europe entre 1347 et 1350, la demande pour le safran et sa culture explose. Il est convoité par les victimes de la peste pour ses propriétés médicinales, mais la plupart des fermiers européens capables de le faire pousser ont été emportés par la maladie, d’où l’arrivée de grandes quantités de safran provenant de terres extra-européennes. Néanmoins, les fils de safran de première qualité des terres musulmanes ne partent jamais pour l’Europe, conséquence des conflits qui éclatent avec le début des Croisades. Des importations qui venaient d’endroits tels que Rhodes ont fourni l’Europe centrale et du nord. » »
Bon, l’eau a coulé sous les ponts depuis la grande Peste…………. on retrouve la suite d’une évocation historique sur le site du Safran du Cativel, qui nous a fait profiter ce week-end de ses journées portes ouvertes annuelles.
Eux vous expliqueront mieux que moi !!!
http://www.safranducativel.fr
Allez dans la rubrique « naissance du safran » pour comprendre le travail que cela représente, sachant en outre qu’ils s’appliquent à pratiquer une culture la plus saine possible (rubrique « notre production »)
Des fleurs avaient été déposées à notre intention sous des microscopes pour une meilleure observation :

Il n’y en avait plus dans les champs, les récoltes étant aussi imprévisibles que « brutales » ! tu te couches le soir il n’y a rien, le lendemain tu as 1500 fleurs à ramasser !!! ou plus… ou moins…. tout avait été récolté la veille.
ci-dessous photo des plants après récolte. Les sillons sont tracés pour que l’eau ne reste pas sur les bulbes… qui sont plantés au sommet des buttes. En fin de récolte ils seront ramassés, triés, dédoublés s’il le faut, et conservés pour être replantés ultérieurement. Le désherbage se fait manuellement tout au long de l’année……….

Les sillons de plans de safran
Pour les esthètes (Mo, je sais que tu vas passer par là), vous trouverez de nombreuses explications détaillées sur la culture de A à Z sur ce site, plus industrialisé que la petite exploitation familiale que j’ai visitée :
http://www.sativus.com/fr/safran/la-culture-du-safran/
La récolte étant terminée et immédiatement « traitée » dans les heures qui viennent, nos gentils exploitants nous avaient gardé une corbeille de fleurs de safran cueillies de la nuit et qui, déjà, commençaient à s’affaisser légèrement……. pour nous permettre de mieux visualiser :


Une fleur de safran blanc (plus rare) à gauche de la photo

Quelques filaments au creux d’une assiette

et dans un pot
Des produits dérivés : sirop, miel, gelées, confitures…. des pots de diverses contenances à la vente… un régal pour les yeux :
A Gardanne, chez le safran de Cativel, ils cultivent même des Mérévilles pour en faire des confitures safranées :

Confiture de Méréville au safran :
1Kg de fruit – 800gr de sucre – 0,1 gr de safran du Cativel (20 pistils)
1er jour : éplucher la Méréville, enlever les pépins et couper des cubes de 2 à 3 cm. Mélanger les cubes avec le sucre, cuire 20 min après ébullition. Dans un mortier piler le safran, prélever 3 c. à soupe de jus encore chaud et y faire infuser le safran bien pilé.
2ème jour : les cubes de Méréville sont devenus translucides, remettre à chauffer. Avant que ce soit trop chaud mixer à votre convenance. Cuire 30 minutes après ébullition tout en remuant. Baisser le feu, intégrer l’infusion de safran, continuer la cuisson à feu doux 5 à 10 minutes. Mettre en pots stérilisés. Et retourner 2 à 3 minutes.
La recette, offerte par le Safran du Cativel, nous a été donnée en bonus, ainsi qu’une dégustation de petits toast, de gâteaux, de gelées, de fromages blancs au safran…….. d’un délicieux velouté de potiron, de thé……….. et bien d’autres choses.
Le principe d’infusion du safran avant utilisation, expliqué dans la recette ci-dessus, est le même pour la cuisson des aliments (on rajoutera l’infusion en fin de cuisson du riz pilaf, par exemple, ou dans la pâte d’un gâteau de yaourt avant de la constituer, ou en fin de cuisson d’un velouté. Pour le thé, on peut le mettre directement à infuser dans l’eau).
Des idées à réinventer vous-mêmes à l’infini, d’autant que chacun peut acheter des bulbes pour en cultiver (chez les safraniers de préférence pour un bulbe de qualité)
Certaines Exploitations fournissent des laboratoires cosmétiques en pétales de fleurs de safran à des fins cosmétiques. Ainsi rien ne se perd.
On peut accessoirement en glisser une dans un herbier, même séchée elle a beaucoup d’élégance.

Bonne semaine à tous
LN 13/11/2017