Il y a un an j’étais en Corse avec mon homme et nous avions fait 6h de route chaotique pour arriver au labo miteux où j’ai fait ma première bHCG positive…
Il y a un an on était devant l’ordi quelques heures plus tard à l’hôtel, serrés l’un contre l’autre, à ne pas oser ouvrir le pdf contenant le résultat (et le nombre 320 à désormais pour moi une signification toute particulière) avec la certitude que c’était encore raté et que cela clôturerait définitivement notre parcours…
Il y a un an j’ai ressenti cette joie immense bien que fugace, après et avant des semaines de stress et de doute, joie que je n’ai complètement retrouvée que le jour de la naissance de Hardie (moi la grossesse en tant que telle ça m’a pas vraiment excité tant que ça)…
Que reste-t-il de mon parcours pma? D’abord la certitude qu’on en sort jamais totalement comme le montre ce post sans intérêt mais que j’avais envie d’écrire après 15j de « il y a un an c’était le J0, il y a un an c’était l’implantation etc… ». Ce parcours m’a rapprochée de mon homme, m’a éloignée de ma mère, m’a fait souffrir incroyablement et grandir aussi. Tous les parents sont amoureux de leurs enfants mais je pense aussi que ce parcours fait que chaque matin, quand Hardie m’appelle, j’ai un sentiment de chance immense (juste avant de regarder l’heure et de lâcher un « putain c’est tôt » bien sur!). J’ai encore parfois l’impression que ce n’est pas possible, qu’il y a une erreur. Je n’ai pas étalé ma grossesse et, l’hiver aidant, beaucoup de gens (les commerçants, des collègues éloignés) n’ont pas vu que j’étais enceinte. Comme j’ai retrouvé ma ligne moins de 3 mois après l’accouchement et avec l’arrivée des vêtements d’été j’ai eu des réflexions du genre « c’est pas possible, vous l’avez adoptée » avec de gros rires, réflexions qui prennent un sens tout particulier quand on répond que c’est bien notre bébé. Tous les soirs, quand je me couche et que je sais qu’elle dort doucement à coté, j’ai une pensée pour vous toutes. Celles qui sont montées dans le train mais surtout celles qui n’ont pas encore eu de ticket. C’est dur pour beaucoup d’entre vous et les échecs répétés de la pma remettent en cause profondément ce que nous sommes, nous font douter de nous en tant que personne, en tant que femme (et homme aussi bien sur). Moi qui ai réussi quasiment tout dans ma vie pro, qui ait toujours tout controlé, je n’ai pas été capable de donner un enfant de moi à l’homme que j’aime. Cela restera une faille en moi. Par contre j’ai eu la chance extraordinaire d’avoir Hardie qui elle s’en moque bien de tout cela (mais à qui nous dirons ses origines le moment venu) et qui croque la vie (et sa girafe Sophie) et qui rigole et qui pleure et qui se blottit contre mon cou en poussant des soupirs de petit animal et qui est ma fille du plus profond de mes tripes.
Une grosse pensée pour celles qui doutent. Accrochez vous Julys, Fortuna, les icsi et tous les autres bien sur!

