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Portraits de la vie sauvageonne / Second volet / XXXI et XXXII / Photos de Francine Hamelin & Textes de Barbara Auzou
Et Francine Hamelin c’est ici

oui nous sommes fragiles
et la somme de nos fragilités
même la forêt la cache mal
tant elle a pénétré nos pensées
et l’ourlet de notre peau
pourtant tout là-haut
demeure une présence tutélaire
elle fait l’asile des oiseaux l’hiver
et la confiance des arbres chauds
qu’avons-nous perdu en chemin
pour être là à tendre les mains
à un avenir qui tremble
qui a perdu jusqu’à son midi d’étonnement
nous sommes des enfants sans mémoire
dont l’existence ne tient plus qu’à un fil
et qui veulent croire qu’il n’est pas trop tard

il existe pourtant une vérité
de soleil et de vent
un alphabet d’univers aussi
que nous avons perdu entre deux virgules
dans ce geste de refus et d’orgueil
où chacun se regarde
depuis sa solitude de saison blessée
il faudra restituer à l’enfance avant qu’elle capitule
et la beauté et la conscience
de ce qui s’en va avec les feuilles
puis tout ce qui fait retour dans l’œil du temps
mais toi
toi reste mon aile gauche sous la chemise des nuits
-deviens un oiseau
Barbara Auzou
Nos petites bravoures XXXI

par combien de volontés lentes
faudrait-il se laisser choisir
elles s’interdisent de se trouver jamais
satisfaites
et pour de confuses raisons
avec du verre au fond du cœur
et dans l’âme la théorie des tessons
estiment votre fatigue
ses fréquences en retours de sons
et de saisons
moi je veux passer par la gorge étroite
des sabliers
même maladroite même diminuée
je veux être consolée d’étape en étape
par un seul sourire
par de grandes paupières d’indulgence
que l’on me fasse encore
la courte échelle sous ce carré de ciel intact
œuvrant à l’aurore en tout temps
j’accueillerai pleinement
la plus fraîche des blessures
Barbara Auzou
Je cherche / Tarmac
Galette pas ronde mais délicieuse…
Problème de géométrie dans l’espace…Mes galettes ne sont jamais tout à fait rondes…
mais alors cette odeur…et ce goût…
J ai banni depuis des années le sucre blanc, aussi ma frangipane est elle faite de sucre roux d œufs de poudre d’amandes de beurre, et d’amandes concassées pour davantage de croquant…Et je la dore au pinceau avec du sirop d’érable …

Fugacité DCCCLX
Photo Julie

comme la fleur qui creuse sans effort dans le bleu
pour retrouver le printemps de sa couleur
par excès de sang le soleil nous jette ses aquarelles
comme des slogans en plein cœur
et installe son hiver dans des miroirs militants
Barbara Auzou
Fleur de courage

j’irai au bout du vent
sans blesser le silence jamais
comme une fleur de courage
au débouché d’un songe étrange
qui se fait se défait sur la branche cassée
du temps et en appelle seulement
à de fragiles soleils sans alibis
à la sollicitude des espaces aussi
opposer le velours à la limaille des jours
pour être un désir récurrent
est un chemin d’ardeur pour l’éveillé
qui le parcourt
en s’excusant de ses zones d’ombres
et de ses piètres printemps toujours
pour lui nul chant
qui ne soit le cœur le charbon ardent
cette petite chose convaincante
pleine de lumières mûres et de sèves rapides
qui fait que le jour succède au jour et accrédite
et le cercle parfait
et l’imperfection
Barbara Auzou
Almarita / La Rue Ketanou
Fugacité DCCCLIX
Photo Julie

parce que tu ne connais pas les pièges du silence
petite flamme ailée de poudre
tu reprends les mêmes chemins par instinct de lumière
et pour rencontrer encore ce rose léger que prennent les pierres
quand elles nous sourient de leur belle proximité à l’aurore
Barbara Auzou
Poésie, belle inconséquence

la parole va de l’un à l’autre mon âme
dans l’épaisseur du monde
sans n’être plus médiatrice de quoi que ce soit
elle a rassemblé en elle tous les manquements
et toutes les absences de ce siècle
ouvrant l’attente elle n’a cessé d’ouvrir l’intervalle
d’innombrables attentes
bête féroce toute de guingois
et moi je ne sais des tunnels du sang
que le silence qui le tapisse
ce silence c’est moi qui te frôle dans le poème
dans la simplicité des mythes
sous les étoiles qui crissent
oui le poème reste une inconséquence
en ces temps où tout se vaut
mais elle est l’existence même
en toutes ses forces
en toutes ses hésitations
en toutes ses combinaisons
en tous ses oiseaux qui soutiennent partout
les grands arbres de conscience
Barbara Auzou
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