Pourtant j’y pense à tous ces voeux de coeur que je n’ai pas su donner. Les années lissent les notes. J’ai quitté mes coteaux, mes vignes, ma tour, les odeurs chaudes, la folie d’Autan – me rapprocher – me rapprocher de la Ville, au Nord, la ville capitale. Se rapprocher pour éloigner la solitude qui se moque et colle et fait mal, mal par tous les os.
J’ai beaucoup perdu – beaucoup. Je n’y croyais pas – je ne suis pas croyante Je ne suis pas croyante.
Ici j’ai froid.
Je ne maudis pas cette terre gavée chimique, qui n’a pas l’odeur que je puisse broyée doucement entre mes doigts, cette terre en sorte morte de trop d’abondance comme chienne forcée.
Ici j’attends le fleuri des acacias
pour le parfum
s’y noyer, il y a en beaucoup, beaucoup, le bordé des routes blanc, toutes, sans retenue,
à tomber d’amour.
Suis arrivée là.
Je sais que je n’en partirai pas
Je pleure amis, je pleure sans honte.
