En ce doux pays blanc de mon appartenance,
Les dentelles de glace de mon Jardin d’Hiver
Dessinent sur ma fenêtre un signe de souvenances;
Une toile de givre de mes amours d’hier…
Le mariage de vent et de neiges en poudrerie,
Malgré cette froidure qui perdure et sévit
Au royaume de la terre et de mes espérances,
Les voix de mes fantômes ignorent la souffrance…
Leurs ailes de plumes d’oiseaux m’entourent et me soulèvent
Au-dessus des mirages de notre société
Dont le miroir cassant fait de nous des aveugles nés
Où l’ombre enfoncera de plus en plus son glaive…
J’aurais aimé rester au Pays de mon Père;
Au paradis de l’Ange où niche l’infini,
Là où avant ma peau, je fus Lumière,
Là où je fus Lumière, avant d’être » Je Suis »…
Par le sein de ma mère j’ai voyagé ici
En ce Jardin d’Eden où j’ai cueilli le fruit
De l’avenir et de ma descendance
Avec l’Homme-Vivant, porteur de semences…
Après tous ces voyages j’arrive jusqu’à toi.
Je t’ai rêvé souvent de Beauté et de Foi.
Je touche enfin ton Âme parfumée de tendresse.
Je touche enfin ton corps foyer de mes ivresses…
Ainsi je te regarde sans me lasser de voir
Ce que tu portes encore au fond de ton regard
De richesses d’amour, tels de précieux trésors
Comme une Source Vive où j’y boirai encore…
Manouchka ©
Cahier : JARDIN DES QUATRE SAISONS : Jardin d’hiver 2025
