Extraits de mon journal de bord + quelques renseignements pris sur les documents
fournis au départ.
Lundi 23 octobre : Après un réveil vers 6h comme chaque matin et un bon petit déjeuner, nous prenons le car en direction de la Mer morte…Nous descendons de plus en plus…sur les rochers nous pouvons voir à quelle altitude nous sommes : très vite nous arrivons sous le niveau de la mer à moins 500m. Nous longeons
une partie de la mer morte avant de monter en téléphérique à la citadelle de Massada que nous visitons sous un soleil de plomb…et nous ne sommes pas seuls.
Dans ce lieu, après la conquête de Jérusalem par les romains en 70, près d’un millier de rebelles juifs, appelés zélotes, résistèrent à la Xè légion romaine, avant de se suicider collectivement, ne voulant pas tomber en esclavage.
Nous continuons notre route jusqu’à Ein Gedi, un joli canyon ponctué par plusieurs
cascades. Nous marchons jusqu’à la seconde chute d’eau près de laquelle notre guide Olivier nous explique l’histoire de ce lieu.
Ein Gedi est une oasis qui fut peuplée 3000 avant JC. Ces premières tribus y érigèrent un temple.
D’après le 1er livre de Samuel, David se serait réfugié à Ein Gedi pour fuir la colère de Saül. Cette oasis est également mentionnée dans le Cantique des Cantiques : << Mon Bien aimé est pour moi une grappe de henné dans les vignes d’Ein Gedi.>>
De retour dans notre car, nous poursuivons vers le nord, et passons devant le site de Qumram où ont été retrouvés des fragments des manuscrits dits de la mer morte. Il est interdit de s’y arrêter.

Nous poursuivons notre voyage jusqu’à Kalia près de la Mer morte. Notre guide nous distribue des “vouchers” pour aller manger. C’est un moment de repos pour chacun et chacune : certains(es) vont se baigner avant d‘aller manger ; d’autres,
comme moi, vont prendre quelques photos des baigneurs et, après le repas profite de la jolie vue sur la terrasse du restaurant où quelques moucherons nous empêchent d’en apprécier totalement le plaisir. Je profite aussi de ce temps libre pour acheter 5 cartes postales.
Nous continuons donc jusqu’au site de Qasr-al-Yahud où nous
allons renouveler notre baptême pendant notre célébration le long des rives du Jourdain. Ce fut un moment très intense malgré les nombreux touristes et pèlerins qui s’y pressaient. La majorité reprenaient le rite du baptême dans l’eau de la rivière : habillés d’un grand tee-shirt blanc, ils descendaient près du Jourdain où un prêtre ( ou pasteur évangélique ) les baptisait par immersion dans l’eau. Notre renouvellement de baptême fut moins spectaculaire,
plus classique, mais tout aussi intense, sinon plus…
Cette zone est à la frontière entre la Cisjordanie et la Jordanie. Qasr-al-Yahud veut dire Palais des Juifs. Il correspond au lieu où Jésus aurait été baptisé par Jean ( dit le Baptiste ), marquant le début de son ministère. Jean était installé à un carrefour important, où il prêchait aux marchands et soldats de passage.
Après avoir passé un “check-point” et nous être arrêtés près de Jéricho à la montagne
des tentations, nous avons roulé pendant plus de 2h jusqu’à Nazareth où les nombreux embouteillages nous ont ralentis.
Jéricho est une des plus anciennes villes du monde habité en continu depuis sa fondation, il y a quelques 10000 ans.
Jésus a été baptisé dans le Jourdain tout proche et sa tentation a eu lieu dans le désert tout près de là.
A Nazareth, nous avons laissé notre car à environ
500m du couvent où nous allons loger pendant 3 nuits. En effet, le centre-ville possède des rues très étroites, par conséquent la marche est le seul moyen ou presque de s’y déplacer. Nous sommes très bien placés car tout à côté de la basilique de l’annonciation.
L’accueil par les “Sœurs de Nazareth” a été très chaleureux avec un verre de
l’amitié dès notre entrée dans la cour.
Après notre installation dans la chambre, je me suis lavée les cheveux et nous sommes descendus pour le dîner avant lequel nous a été proposé un délicieux apéritif.
Plus tard, de 20h à 21h, nous sommes allés écouter le témoignage d’une palestinienne, Violetta. Ce fut un moment très intéressant dont je vais essayer de vous transcrire les principaux éléments.
Violetta descend des premiers chrétiens. Elle se définit de cette façon : <<Je suis
palestinienne, de culture arabe, de nationalité israélienne et de religion catholique melkite d’origine byzantine>>.
En 1947, Nazareth est une ville de 35000 habitants.
En 1948, c’est la disparition de la Palestine : ce n’est pas un conflit, c’est un peuple qui a tout pris et l’autre qui a tout perdu… En 1 an ( 1947-48 ) la ville a augmenté de 20000 réfugiés palestiniens.
Violetta était pharmacienne privée. Elle nous raconte les différences entre elle et une amie israélienne juive : au sortir de l’université, son amie a eu beaucoup d’aides de l’état pour s’établir, mais pas elle. Elle a dû payer de lourds impôts, mais pas son amie…bref, de fortes disparités.
Et ce, dans beaucoup de domaines. Heureusement dit-elle les écoles chrétiennes permettent d’avoir un enseignement supérieur pour les palestiniens… les programmes restent contrôlés par l’Etat.
70% de sa famille a émigré aux USA. Tous ont le sentiment d’être en exil.
Les palestiniens israéliens ont le droit de vote, mais leurs représentants n’ont pas ou peu de pouvoir, il ne s’agit pas d’une vraie démocratie…
Il n’y a pas de véritable constitution, les lois sont faites au fur et à mesure des circonstances.
Il n’y a pas de frontière définitive puisqu’il s’agit toujours d’une occupation…
Voici quelques réflexions fournies par Violetta elle-même, il s’agit d’un exemple du ressenti d’une palestinienne israélienne, il ne faut pas en faire une généralité, mais ça donne un point de vue sur les palestiniens dont les réalités sont différentes selon l’endroit où ils vivent et leur religion.
Il est 21h30, je vais essayer de dormir !!
La journée fut longue mais très riche !!