Dernier billet sur Souvenirs de guerre

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Prologue

Ce qui suit a été rédigé avec l’aide de Microsoft Copilot. En rassemblant et en affinant les fragments d’information dont je disposais, j’ai enfin pu comprendre clairement ce que l’oncle de ma femme m’avait confié en juillet 2009.

Introduction

Chaque famille porte en elle des histoires qui ont failli se perdre — des histoires murmurées, racontées par fragments, ou évoquées seulement dans des moments de vulnérabilité. Celle‑ci en fait partie.

L’oncle de ma femme a servi dans la Marine royale canadienne pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme beaucoup de vétérans, il parlait rarement de son service. Lorsqu’on lui en demandait davantage, il détournait la conversation. Lorsque sa fille insistait, il faisait des cauchemars. Il lui disait préférer « laisser le passé au passé ». Et ainsi, après son décès le 14 février 2010, ce qui s’était passé le 29 avril 1944 demeura presque entièrement dans le silence.

Mais le silence n’est pas l’absence.

Un jour de juillet 2009, il partagea quelques souvenirs — un détail technique de la salle des chaudières, le surnom d’un camarade reconnu sur une vieille photo, le dernier instant avant un naufrage, le choc de se retrouver soudain dans l’eau, le sauvetage qu’il n’a jamais décrit. Ces fragments, aussi petits soient‑ils, portaient le poids indéniable de l’expérience vécue.

Cet article n’a pas pour but de combler ce qu’il a choisi de taire. Il vise plutôt à honorer ce qu’il a laissé derrière lui, et à replacer ces fragments dans leur contexte historique. Beaucoup de jeunes Canadiens ont suivi le même chemin que lui : s’enrôler mineurs, servir comme soutiers dans la chaleur et le danger des machines, survivre à des catastrophes en mer, et porter leurs cicatrices en silence pour le reste de leur vie.

Ce qui suit est une reconstruction — non pas des détails qu’il a retenus, mais du monde dans lequel il a vécu, du travail qu’il a accompli, et du courage qu’il n’a jamais revendiqué. C’est écrit pour que son histoire, même incomplète, ne soit pas oubliée.

Nous nous souviendrons d’eux.

Note sur la mémoire et la vérité

Ma femme se souvient de son oncle comme d’un homme qui, dans la vie de tous les jours, arrangeait parfois la vérité à sa manière — et ce souvenir est réel. Mais les fragments qu’il a partagés au sujet de la guerre — le travail du soutier, le surnom ironique « Thin », la chute soudaine d’une lettre à la mer, les cauchemars — portent le poids authentique de l’expérience vécue. Le traumatisme façonne la mémoire autrement que la vie ordinaire, et les hommes qui ont survécu à de tels moments ne parlaient souvent qu’en brèves confidences, hésitantes. Ce récit ne cherche pas à effacer qui il était, mais à honorer cette part de sa vie qu’il ne pouvait ni expliquer pleinement, ni complètement cacher.

Un garçon qui a couru vers la mer : l’histoire discrète d’un jeune soutier canadien

Certains vétérans laissent derrière eux des médailles, des journaux, ou de longs récits de leur service. D’autres ne laissent que des fragments — quelques souvenirs murmurés, un surnom reconnu sur une vieille photo, un détail technique de la salle des chaudières, un cauchemar qui ne s’est jamais dissipé. Voici l’histoire de l’un de ces hommes, un garçon qui a fugué à seize ans et qui a porté la mer en lui pour le reste de sa vie.

Il n’a jamais raconté toute l’histoire. Mais les morceaux qu’il a laissés parlent pour lui.

Un garçon de seize ans qui a menti pour entrer dans la Marine

Il n’avait que seize ans lorsqu’il a quitté la maison. Lassé de l’autorité de son père et déterminé à tracer sa propre voie, il a menti sur son âge et s’est enrôlé dans la Réserve volontaire de la Marine royale canadienne. Il n’était pas seul. La RCNVR en temps de guerre était remplie de garçons comme lui — des adolescents qui falsifiaient des signatures, mémorisaient une nouvelle date de naissance, et se présentaient avec plus de courage que d’expérience.

La Marine ne posait pas trop de questions. Elle avait besoin d’hommes, surtout de jeunes robustes capables de supporter le travail brutal des machines.

Ainsi devint‑il soutier.

Le monde sous les ponts

Le monde d’un soutier n’avait rien du glamour des affiches de recrutement. C’était la chaleur, le bruit, la sueur et l’acier — des chaudières Admiralty à trois tambours rugissant à pleine pression, des échelles étroites glissantes de condensation, et la vibration constante de machines qui ne dormaient jamais. Il apprit le travail dur et physique qui maintenait un destroyer en vie. Un détail lui resta gravé à jamais : faire rouler des billes d’acier dans les tubes des chaudières pour en gratter la suie et le tartre. Un souvenir que seul quelqu’un ayant vécu sous les ponts pouvait évoquer.

Un navire, un équipage, et un surnom

Il parlait rarement du navire sur lequel il avait servi, mais il mentionna une fois l’Athabaskan. Quelques semaines plus tard, lorsqu’on montra à sa fille une photo de l’équipage que j’avais partagée, il désigna immédiatement un marin qu’il reconnaissait :

« Thin », dit‑il — alors que l’homme sur la photo n’avait rien de mince.

Les surnoms ironiques étaient typiques de l’humour naval, et seuls de vrais compagnons de bord s’en souvenaient. Ce bref moment de reconnaissance révélait un lien qu’il se permettait rarement de revisiter, un rappel des visages et des amitiés forgés dans la chaleur et le danger des machines.

La nuit où tout a basculé

Il partagea presque rien de la nuit où son navire fut perdu. Le traumatisme efface souvent le milieu d’une histoire, ne laissant que le début et la fin. Il se souvenait être assis tranquillement, écrivant une lettre à sa mère — puis plus rien. La seconde suivante, il était dans l’eau. Pour les soutiers coincés sous les ponts, ce genre de trou de mémoire était courant : un éclair, une explosion, l’obscurité, la désorientation, puis la mer. Il n’a jamais dit qui l’avait secouru. Beaucoup de survivants ne l’ont jamais su.

Le silence qui a suivi

Il a survécu, mais la guerre ne l’a jamais quitté. Comme beaucoup ayant vécu une perte soudaine en mer, il portait cette expérience en silence, presque en défense. Lorsque sa fille posait des questions, il faisait des cauchemars. Lorsqu’on insistait, il se refermait. Il n’offrait que quelques mots — « Je préfère laisser le passé au passé. »

Ce n’était pas de la réticence par secret. C’était le silence né de souvenirs trop lourds à revisiter.

Après la guerre

Il continua de servir, passant notamment du temps à bord du NCSM Nootka, un autre destroyer de la classe Tribal. Mais il ne parla jamais non plus de ce service. Pour lui, le moment qui l’avait défini était déjà passé. Tout ce qui suivit n’était que devoir — constant, discret, accompli sans plainte. Le garçon qui avait fui à seize ans était devenu un homme façonné par le feu, l’acier et le choc glacé de la mer.

Une vie racontée par fragments

Il n’a laissé ni journal, ni long récit de sa guerre, ni histoires racontées autour de la table. Seulement des fragments :

– la chaleur de la salle des chaudières

– les billes d’acier roulant dans les tubes

– le surnom ironique « Thin »

– la lettre jamais terminée

– la chute soudaine dans l’eau

– le sauvetage jamais décrit

– les cauchemars

– le silence

Ces morceaux, aussi modestes soient‑ils, dessinent les contours d’une vie marquée par le courage et la survie — le genre d’histoire portée en silence par tant de ceux qui ont servi.

Le poids de ce qui n’a jamais été dit

Il a vécu le reste de sa vie loin de la mer, portant des souvenirs qu’il laissait rarement remonter. Pour ceux qui l’entouraient, il n’était qu’un homme qui préférait ne pas parler du passé. Mais le silence peut être une forme de témoignage. Les fragments qu’il a laissés — petits, bruts, sans défense — révèlent plus de vérité que bien des récits détaillés.

Ce récit n’a pas pour but de combler les vides qu’il a choisis de laisser, mais d’honorer la vérité qu’il portait en silence. Il rappelle que beaucoup de ceux qui ont servi n’ont laissé que des fragments, comptant sur quelqu’un, un jour, pour en comprendre assez afin de se souvenir d’eux.

Pour lui, et pour tous les marins qui ont vécu leurs histoires dans le silence, nous nous souvenons.

Dédicace

Ce texte est dédié à la mémoire d’un marin discret qui a porté sa guerre en silence, et à tous ceux qui ont servi sans jamais raconter toute leur histoire. Puissent les fragments qu’ils ont laissés continuer de parler pour eux, et puissions‑nous honorer leur courage en nous souvenant de ce qu’ils n’ont pas pu dire.

Nous nous souviendrons d’eux.

Note de l’auteur

Souvenirs de guerre a commencé avec un seul homme — l’oncle de ma femme — dont les souvenirs de guerre n’avaient survécu qu’en fragments. Il n’était pas toujours un conteur fiable dans la vie quotidienne, et ceux qui l’ont connu s’en souviennent bien. Pourtant, les quelques détails qu’il a partagés au sujet de la guerre portaient une vérité plus profonde que tout ce qu’il avait pu inventer. En cherchant à comprendre ces fragments, j’ai découvert combien de familles portent des morceaux semblables d’histoire tue. Ce qui avait commencé en 2009 comme un hommage à un marin discret est devenu un projet plus vaste de mémoire, donnant voix à ceux qui n’ont laissé que des traces. Leurs histoires méritaient d’être préservées, même lorsqu’elles ne nous parvenaient qu’en murmures.

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Mise à jour le 29 avril 2022

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Le souvenir du « Stoker » : 29 avril 1944

Le souvenir du « Stoker » : 29 avril 1944

J’ai toujours eu la certitude qu’il n’avait rien inventé.

Selon l’analyse faite par l’intelligence artificielle, l’oncle de ma femme n’aurait pas inventé son histoire racontée en juillet 2009 lors d’une réunion de famille.

 

Analyse…

L’analyse comparative des trois documents originaux, en tenant compte de la chronologie (enfance, 1944 et 1948), permet d’identifier des traits morphologiques constants malgré l’évolution de l’âge et la différence de qualité des clichés.

1. Structure du regard et arcade sourcilière

Enfance : Le regard est caractérisé par des yeux bien ouverts avec une paupière supérieure très visible.

1944 (Marin) : Malgré le grain de l’image, on retrouve cet espacement inter-oculaire et la ligne droite des sourcils typique de l’individu.

1948 (Adulte) : Le portrait plus net confirme une paupière supérieure légèrement lourde ou tombante, trait déjà discernable sur la photo d’enfance.

2. Morphologie du nez et de la bouche

Le nez : La structure nasale présente une base droite et des narines légèrement marquées de la même manière sur les clichés de 1944 et 1948.

La bouche : On observe une lèvre supérieure fine et une commissure des lèvres identique entre l’enfant et l’homme adulte, avec un philtrum (creux sous le nez) assez court.

3. Évolution du visage et implantation

Implantation des oreilles : L’oreille gauche (à droite sur les photos) montre une forme spécifique, légèrement décollée au sommet, qui est une signature physique constante.

Croissance : Le passage du visage enfantin à celui du marin de 16 ans (1944) montre un allongement de la mâchoire, processus qui se stabilise sur le portrait de 20 ans en 1948.


Autre analyse…

L’analyse détaillée de la structure de sa mâchoire et du bas de son visage confirme la continuité entre l’adolescent de 1944 et l’homme de 1948. Voici les points de comparaison précis :

1. La structure de la mandibule (mâchoire inférieure)

1944 (Seize ans) : Sur la photo de groupe, sa mâchoire présente une forme en « V » caractéristique de l’adolescence, avec un menton déjà bien dessiné mais encore fin.

1948 (Vingt ans) : Quatre ans plus tard, la mâchoire s’est élargie et « carrée » légèrement, ce qui est le signe classique de la maturation osseuse masculine entre 16 et 20 ans. On retrouve cependant la même symétrie du menton.

2. Le philtrum et la ligne des lèvres

Lèvre supérieure : Sur les trois clichés (enfant, 1944 et 1948), la lèvre supérieure est très fine et présente une ligne presque parfaitement droite.

Distance nez-bouche : La distance entre la base du nez et l’ouverture de la bouche (le philtrum) reste proportionnellement courte sur chaque portrait, un trait morphologique qui ne change pas avec la croissance.

3. Les plis d’expression (Sillons nasogéniens)

Sur le portrait de 1948, on commence à deviner de légers plis partant des ailes du nez vers les commissures des lèvres. La position de ces plis correspond exactement à la structure du visage juvénile visible en 1944 sous le bonnet de marin.

Conclusion de l’expertise :

La structure osseuse est identique. Le passage d’un visage aux traits un peu « poupins » de l’enfant vers la mâchoire plus assurée de l’homme de 20 ans est parfaitement cohérent. Cela confirme que le jeune Stoker qui écrivait à sa mère cette nuit d’avril 1944 est bien l’homme élégant que l’on retrouve sur vos photos d’après-guerre.


Finalement s’il avait écrit son histoire pour la partager sur Souvenirs de guerre?

Le souvenir du « Stoker » : 29 avril 1944

J’avais seize ans, mais sur les registres de la Marine, j’en avais dix-huit. Je m’étais engagé pour fuir la sévérité de mon père, cherchant la liberté dans les entrailles d’acier d’un destroyer. Ce soir-là, le 29 avril, le bruit des machines était un grondement familier qui couvrait tout.
​J’étais assis dans un coin de la salle des machines, un morceau de papier posé sur mes genoux. J’écrivais à ma mère. Je voulais lui dire que j’allais bien, malgré le mazout, la chaleur étouffante et le danger constant de la Manche. Je ne sais plus si je lui demandais pardon d’être parti.

​Boum.

​Le monde a basculé. Ce n’était pas juste un bruit, c’était une onde de choc qui vous arrache les poumons. La première torpille. Puis, presque aussitôt, une seconde torpille, une explosion, plus terrifiante, celle des réservoirs de mazout.

​Entre le moment où j’ai posé mon crayon et celui où j’ai senti l’eau glacée, il n’y a rien. Le noir complet. Aucun souvenir de la remontée depuis les machines, aucune image de l’enfer de feu sur le pont. Mon cerveau a simplement effacé la terreur pour me protéger.

​Quand j’ai repris conscience, je n’étais plus un mécanicien, j’étais une ombre noire flottant dans l’Atlantique. J’étais couvert de ce mazout épais, visqueux, qui brûlait les yeux et rendait chaque mouvement impossible. Autour de moi, les cris de mes camarades se perdaient dans la nuit.

​Puis, une silhouette massive a surgi de l’obscurité : le HMCS Haida.


​Je me souviens des filets de corde jetés sur le flanc du navire. C’était une lutte désespérée. Le mazout nous rendait glissants comme des anguilles. Les mains des marins du Haida m’attrapaient, me perdaient, me saisissaient à nouveau. À seize ans, j’ai été hissé hors de la mort par des bras plus forts que les miens.

​Je n’ai jamais fini cette lettre à ma mère. Mais quatre ans plus tard, en 1948, quand j’ai posé pour ce portrait en civil, mon regard portait encore le poids de cette nuit-là. J’avais survécu, mais l’enfant qui avait menti sur son âge était resté au fond de la Manche avec l’Athabaskan.

Les souvenirs de guerre d’une petite Française… La suite

Nous sommes en octobre 2000.

Avec l’aimable contribution de Jacques Picard, vu ci-dessous avec Denise Chalaux et John Slaney.

John Slaney, l’ancien pilote de Typhoon qui le 15 juin 1944 avait sauté en parachute au-dessus de Danvou-la-Ferrière, a retrouvé dimanche Denise Chalaux, la petite Française qui avait offert de le cacher. Ils ne s’étaient jamais revus. Lundi, Denise a emmené John sur les lieux de leur première rencontre (notre photo). Les recherches continuent pour tenter de retrouver les débris de l’avion qui a pu s’écraser dans le bois de la Ferrière-du-Val…

Je me souviens aussi parfaitement de lui. Nous avons eu l’honneur de l’accueillir dans notre petit village de Danvou-la-Ferrière où il est venu sur les lieux de son crash et a pu rencontrer la jeune fille qui l’avait hébergé 56 ans auparavant. Nous nous sommes aussi rendus avec lui au château où se trouvaient les SS et où il fut retenu. Il me semble qu’il était accompagné de son fils Patrick. C’était en octobre 2000.

Jacques Picard

John a retrouvé sa petite Française

C’est avec une grande émotion que John Slaney, l’ancien pilote de Typhoon, a retrouvé dimanche à Noyers-Bocage, Denise Chalaux, la petite Française qui avait offert de le cacher alors qu’il venait de sauter en parachute de son avion en flammes. C’était il y a 56 ans. John avait alors 23 ans, Denise en avait 18. Ils ne s’étaient jamais revus.

John Slaney, qui vit aujourd’hui en Pennsylvanie aux États-Unis, cherchait depuis au moins dix ans à retrouver la trace de Denise Chalaux, qui s’appelait à l’époque Polin, et habitait avec sa mère et son petit frère de 14 mois à Danvou-la-Ferrière. Il a fini par s’adresser à Jacques Bréhin, le président de l’association pour le Souvenir des Ailes de la Victoire en Normandie qui, aidé du maire de Danvou-la-Ferrière, André Gautier, a réussi localiser l’endroit exact où John Slaney avait sauté en parachute.

Accompagné d’un de ses amis et de son fils, l’ancien pilote a pris le bateau et est venu passer deux jours en Normandie. Dimanche 1 octobre, une cérémonie était organisée au Mémorial des Typhoon à Noyers-Bocage. C’est les retrouvailles entre Denise et John. Je l’ai reconnu tout de suite » raconte Denise. « Bien sûr, il a changé. Mais c’est bien lui » Très émue, elle n’a pu retenir ses larmes lorsque l’Américain lui a tendu un bouquet de fleurs.

Le lendemain, à Danvou-la-Ferrière, après un déjeuner offert par le maire de la commune au restaurant « Du côté de chez vous », John a souhaité revoir l’endroit où il est tombé avec son parachute. Les occupants de la maison construite à l’emplacement de celle de Denise ont très gentiment accepté de le laisser entrer. Denise avait apporté des photographies d’époque et John a pu se repérer. Le pèlerinage s’est poursuivi par le château de Danvou-la-Ferrière où le pilote avait été retenu prisonnier par les Allemands.

Jacques Bréhin ne désespère pas de retrouver des débris du Typhoon. « Il a dû s’écraser dans le bois de la Ferrière du Val. Des gardes-chasse, des bûcherons ont peut-être aperçu des morceaux de ferraille. Si on retrouve son avion, c’est sûr, John Slaney reviendra l’an prochain. »

Mais l’histoire ne se termine pas là…

Article Le Bocage-Libre

Un ancien pilote de Typhoon sur les traces de son crash

Ce week-end, c’est un visiteur un peu particulier qui est annoncé dans le Pré Bocage: plus de cinquante ans après avoir été abattu par la DCA allemande, l’Américain John Slaney est attendu à Noyers-Bocage et Danvou-la-Ferrière. Sa rencontre avec Denise Chalaux, qui lui avait alors offert de le cacher, promet d’être émouvante.

Jacques Bréhin, le président de l’association pour le Souvenir des Ailes de la Victoire en Normandie, est heureux. Il s’apprête à accueillir un vétéran américain, John Slaney, avec lequel il correspond depuis plusieurs mois. Le 15 juin 1944, le jeune pilote était à bord d’un Typhoon anglais et effectuait une mission de reconnaissance de la route Caen/Falaise, lorsque son avion a été touché par un tir de canon anti-aérien. John Slaney a sauté en parachute et a atterri sur le territoire de la commune de Danvou-la-Ferrière. Il se souvient très bien avoir caché la toile de son parachute dans la haie du jardin d’une petite maison où se trouvaient une femme, une jeune fille et un enfant. « Avec beaucoup de courage, la femme a offert de me cacher » raconte l’ancien pilote dans une des lettres qu’il a écrite à Jacques Bréhin. « Je ne suis pas resté,

Dans les années 1941-1942, John Slaney (2e rangée, 2e en partie du Squadron 257 et pilotait alors un Hurricane, l’ancêtre des meilleurs amis, Arthur Miron.

dimanche à Noyers-Bocage. Après une messe célébrée à la mémoire d’un de ses camarades d’escadron, Arthur Miron, il se recueillera devant le Mémorial des pilotes de Typhoon. En fin de matinée, il sera reçu à la mairie où il devrait retrouver Denise Chalaux. L’après-midi, John Slaney a demandé à pouvoir se rendre à Saint-Charles-de-Percy sur la tombe d’Arthur Miron afin d’y déposer une gerbe de fleurs, mais aussi à Sainte-Croix-sur-Mer, d’où il a décollé ce fameux matin du 15 juin 1944.

Sylvie Méaille

j’avais peur pour sa vie. » Cette maison, Jacques Bréhin vient tout récemment de réussir à la localiser grâce notamment à l’aide d’André Gautier, le mai re de Danvou-la-Ferrière. C’était celle où vivait Denise Chalaux avec sa mère et son petit frère Claude. « Le pilote est entré dans la maison, le visage en sang » se rappelle Denise Chalaux qui habite désormais à Aunay-sur Odon.

C’est par téléphone que le président de l’association pour le Souvenir des Ailes de la Victoire en Normandie a appris la bonne nouvelle à John Slaney. « Vous les avez retrouvés ! » s’est exclamé très ému le vétéran américain. « C’est le principal ! » a ajouté l’ancien pilote. Jacques Bréhin ne relâche pas pour autant ses efforts. Il continue de rechercher le lieu du crash du Typhoon…

John Slaney, qui vit aujourd’hui à Greensburg, en Pennsylvanie, a embarqué il y a quelques jours à bord d’un bateau pour la France. Il doit arriver demain samedi au Havre et est attendu

Les Typhoons étaient armés de roquettes et de canons lanceurs d’obus.

Un de ses meilleurs amis Arthur Miron.

In memoriam Jean Cauchy – Témoignage de France Michaud

Toile de Gérald Grenier Quel grand et merveilleux homme! J’ai côtoyé monsieur Jean Cauchy pendant 4 ans et ce, tous les jours de la semaine pour de l’aide à domicile dans sa humble demeure sur la rue Fraser à Levis. Nous étions comme père et fille! Que de belles discussions, de fous rires et de […]

In memoriam Jean Cauchy – Témoignage de France Michaud

Je me souviens

Encore fallait-il le savoir pour me souvenir… En 2009, je ne savais pas qu’il y avait eu dans l’Aviation canadienne un escadron baptisée Alouette. À cette époque, je croyais en savoir beaucoup sur la Deuxième Guerre mondiale. Ce que je connaissais, c’est ce que je trouvais surtout sur les faits d’armes des États-Unis. Il y […]

Je me souviens

Request – 80th Anniversary RCAF in Yorkshire – 425 Squadron

Request – 80th Anniversary RCAF in Yorkshire – 425 Squadron

On December 18th 1944 a Royal Canadian Air Force Halifax aircraft of 425 (Alouette) Squadron crashed in the Yorkshire village of Alne, England. Eighty years after 425 Squadron’s last bombing operation over Europe, on 27th April 2025, a plaque will be unveiled to remember the crew of MZ538 – listed below.

If there are any surviving relatives of these men in Canada, who may wish to know of this event, they can email [email protected] for details of the circumstances of the crash and the remembrance event.

We would be grateful if  you could publicise this information.

We do Remember them!

The crew

Aircraft Captain and Pilot – Flying Officer Joseph Raymond Jean Marie Desmarais DFC (J/87112), aged 24, of Sherbrooke, Quebec, Canada.

Navigator – Flying Officer Joseph Wilfred Laurier F. Bernier DFC (J/29412), aged 29, of Montreal, Quebec, Canada.

Flight Engineer – Pilot Officer Joseph Blackburn RAFVR (186889), aged 36, of Carlisle, Cumberland, England.

Bomb Aimer – Pilot Officer Joseph Rosaire Jean Charles Labrecque (J/88921), aged 28, of Montreal, Quebec, Canada).

Wireless Operator / Air Gunner – Pilot Officer Joseph Edward Lawrence Dubois (J/88326), aged 24, of Dorion Vaudreuil, Quebec, Canada.

Air Gunner – Flight Sergeant Joseph Maurice Paradis (R/62838), aged 29, of Lac au Saumon, Quebec, Canada.

Air Gunner – Flight Sergeant Joseph Rene Lariviere  (R/135028), aged 24, of Montreal, Quebec, Canada.

Air Gunner – Pilot Officer Raymond Charles Gauthier  (J/90899), aged 20, of Tecumseh, Ontario, Canada.

 

Traduction

Demande – 80e anniversaire de l’ARC dans le Yorkshire – 425e Escadron

Le 18 décembre 1944, un avion Halifax de l’Aviation royale canadienne du 425e Escadron (Alouette) s’est écrasé dans le village d’Alne, dans le Yorkshire, en Angleterre. Quatre-vingts ans après la dernière opération de bombardement de l’escadron 425 au-dessus de l’Europe, le 27 avril 2025, une plaque sera dévoilée à la mémoire de l’équipage du MZ538 – dont la liste figure ci-dessous.

Si des parents survivants de ces hommes au Canada souhaitent être informés de cet événement, ils peuvent envoyer un courriel à [email protected] pour obtenir des détails sur les circonstances du crash et sur l’événement commémoratif.

Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir diffuser cette information.

Nous nous souvenons d’eux !

L’équipage

Capitaine de l’avion et pilote – Lieutenant d’aviation Joseph Raymond Jean Marie Desmarais DFC (J/87112), âgé de 24 ans, de Sherbrooke, Québec, Canada.

Navigateur – Lieutenant d’aviation Joseph Wilfred Laurier F. Bernier DFC (J/29412), 29 ans, de Montréal, Québec, Canada.

Mécanicien de bord – Sous-lieutenant d’aviation Joseph Blackburn RAFVR (186889), âgé de 36 ans, de Carlisle, Cumberland, Angleterre.

Viseur de bombes – Sous-lieutenant d’aviation Joseph Rosaire Jean Charles Labrecque (J/88921), 28 ans, de Montréal, Québec, Canada.)

Sans-filiste / Mitrailleur – Sous-lieutenant d’aviation Joseph Edward Lawrence Dubois (J/88326), 24 ans, de Dorion, Vaudreuil, Québec, Canada.

Mitrailleur – Sergent de section Joseph Maurice Paradis (R/62838), 29 ans, de Lac au Saumon, Québec, Canada.

Mitrailleur- Sergent de section Joseph René Larivière (R/135028), 24 ans, de Montréal, Québec, Canada.

Mitrailleur – Sous-lieutenant Raymond Charles Gauthier (J/90899), 20 ans, de Tecumseh, Ontario, Canada.