Je me rend compte avec mon dernier article que je vous ai laissé sur le résultat de la dernière fiv comme un épilogue , vu la situation.
Suite à cet échec, nous avons demandé un RDV avec notre gynéco, programmé mi novembre pour débriefer (on a du attendre 1 mois et demi…).
En parallèle nous avions été ré-inscrit automatiquement sur la liste d’attente pour la PMA, et aurions pu commencer dès novembre un nouveau cycle… La blague je crois que c’est la 1e fois qu’il y a si peu d’attente. Nous n’avions même pas pu encore débriefer de l’échec.
À ce moment là, nous naviguions entre « stop c’est fini » et « on ne peut pas s’arrêter là ». On n’était pas préparé à déjà devoir faire le deuil de ce 2e enfant alors qu’un mois plus tôt on était optimiste et se disait que la famille allait peut-être s’agrandir.
Si mon mari à ce moment là m’avait dit « tournons la page , arrêtons nous là », je pense j’aurais pu me dire ok je commence mon deuil. Je pensais d’ailleurs qu’il me dirait ça après sa frayeur à m’avoir géré moi et mon fils aux urgences au milieu de la nuit.
Contre toute attente il m’a dit « tu as le dernier mot car c’est ton corps. Mais de mon côté je ne suis pas encore prêt à faire le deuil d’un 2 enfant, même si tu mets plusieurs années à te sentir prête à retourner en PMA ».
De mon côté je pensais plutôt « si j’y retourne pour une dernière tentative, c’est tout de suite. Si ça doit se finir, autant retenter au plus vite et pouvoir ensuite clôturer ce chapitre. Je ne veux pas trainer ce « peut-être » pendant des années « .
On s’est dit que de toute manière on attendait le debrief avec le gynéco pour prendre une décision (j’y reviens), on a donc décalé une nouvelle tentative à décembre . Je ne pouvais me résoudre à annuler.
Le rdv gynéco a eu lieu, et… Nous n’avons rien appris. Pour lui c’était la faute à pas de chance . Pour lui, j’étais encore jeune et ma différence d’âge (seul facteur différent) ne pouvait expliquer l’échec (32 ans contre 27 la dernière fois). Pas d’intérêt de changer de traitement, il fallait retenter avec celui là, et si là ça ne marchait de nouveau pas, réadapter… Sauf qu’on lui a dit que si nouvelle tentative il y avait, c’était la dernière qu’importe le résultat.
On a longuement discuté, de notre parcours, des épreuves et difficultés déjà rencontrées. Il nous a dit qu’il comprenait, que malheureusement il ne pouvait pas nous dire quoi faire, ne pouvait pas garantir que ça n’allait pas se reproduire. Mais qu’on était encore jeune et que ce serait dommage de s’arrêter là, à une seule tentative pour ce 2e bébé. On a parlé de compléments nutritionnels pour améliorer un peu la qualité des ovaires et spermatozoïdes (c’est pas forcément prouvé mais ça ne peut pas faire de mal, nous a t-il dit). Bref . On n’est sorti de là encore plus confus , car de base on se disait « on y retourne que si y’a une vrai chance que la cata ne se reproduise pas à l’identique, avec un autre traitement ou autre ».
Entre temps, j’ai du programmer le retrait de mes dents de sagesse, ça repoussait le début d’une potentielle fiv à février après l’opération. Le secrétariat m’a dit de rappeler en début d’année pour prendre rdv.
En parallèle, et probablement en grosse partie avec ces déboires (+ des soucis au travail) mon mari a eu des soucis de santé à partir de novembre. Il a commencé à perdre beaucoup de poids, douleurs au ventre et intestins. En attente de diagnostic, pour lui c’était impossible de repartir en FIV , le projet n’était plus discutable. Il a été diagnostiqué en mars d’une colopathie fonctionnelle, après avoir écarté le pire les mois précédents.
Et moi, qui me suis mise en tête de « repartir au plus vite en FIV pour mettre ça derrière moi » ait été rattrapé par mon SSPT. Crises de paniques , insomnies. Entre la cheville cassée l’été dernier, l’échec de FIV, la torsion d’ovaire, mon mari qui allait mal… Mon cerveau a vrillé.
Heureusement j’ai pu rapidement recommencer un suivi avec ma psy. Qui m’a fait comprendre que repartir là en FIV avant de prendre soin de ma santé mentale, c’était pas une bonne idée. J’ai des somnifères depuis décembre, redormir m’a aidé à relever la tête, et les séances à apaiser un peu les angoisses paralysantes.
En mars, j’ai appris que je devais me faire réopérer de la cheville pour l’ablation du matériel. Donc pas de retour en FIV avant l’opération, qui a eu lieu semaine dernière.
Avec mon mari on a peur de se dire on y retourne. On parle de septembre si on se dit que oui on y retourne – pour se laisser tranquille pendant les vacances d’été. Mais serais je prête psychologiquement ? Le serais-je un jour ?
L’opération de ma cheville en juin dernier s’était mal passée (j’ai demandé une anesthésie locale, elle a mis longtemps à faire effet, j’ai eu une crise de panique et ça m’a traumatisée. Quand j’ai appris que je devais me faire réopérer ça a été l’angoisse totale (j’ai demandé cette fois une anesthésie générale ).
Quand je vois comment s’est passé la cheville, sachant comme j’ai mal vécu la dernière fiv, je ne sais pas dans quel état psychique je serais si on y retourne.
Mais en même temps j’ai la certitude que je veux clôturer ce chapitre et ne pas attendre. Cet entre deux me fait trop mal. Je pense toujours que si je dois faire ce deuil, que ça advienne au plus vite, que je vide ma maison de toutes ces affaires de bébé que je garde « au cas où » et qui me font du mal.
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