cezay

clair de lune
si paisible
le souffle profond de mon endormie
la lune est rose, qui descend gibbeuse
le clair d’argent

le bruissant murmure du vent dans le tilleul
la crissement répété, scintillant, du grillon
ne se répondent pas
un oiseau de nuit appelle – quoi ?

aurait-je l’oreille  
je noterais leurs partition
je ne l’ai pas
j’attends

la fin de la guerre
des tranchées dans les tréfonds
la fraîcheur d’avant le point du jour

je compose ma lettre à  élise
sur une portée sans note ni parole
une page blanche qu’elle pourra écrire

qu’elle pourrait écrire
le voudrait-elle, tout est là

j’attends
l’aube, aussi

augen auf / augen schloss


d’épousailles point
un pacte autre, plus profond
plus muet
conclu au fond du terrier
au coeur du terril
avec le ciel de traînes
le temps que clignotaient
ses paupières

avec le ciel de traînes
en dentelles démarrées
– un accroc dans le loup
les bas filés, désordre de la jarretière
honni soit qui mal n’y pense
ami soit qui mal y panse
avec la ouate du ciel
de traînes d’ange bleu-marial ?
d’ange bleu métal, balte cobalt,
d’oz & d’or,  libre et sans amarres

avec le ciel de traînes
de trémails d’émaux
qui jamais ne saisit
ces koï géantes, colorées
qui s’ébattent altières
dans le statuaire des stratus
et dorent l’iris du ciel
d’étrennes pour l’épouvantail
le temps que clignotent les paupières
de la muse inassoupie
de la muse inassouvie

lier son âme à l’énigme d’albâtre
enchâssée d’aigue-marine
d’un ciel de traînes

vesuvio

le temps aura passé
comme un rêve,
levée d’aura
mêlée d’azurite
et d’or des fous
celui des silences
ininterprétables
de l’oracle, le dict
des chambres magmatiques
sous les champs phlégréens
tombée la colonne trajane
– où d’or, les coupes,
les étendards d’empyrée
les faisceaux de onze mille
verges ? ô gastby!
tu voulais que chante l’amer
il faudra faire mieux
plus dure et plus pure
croissance cristalline
de nautilus alchimique
pour pénétrer, du musée,
la grotte sous-marine
– du moins ne périra-t-on
sans avoir goûté
l’extase liquide
de l’ichor d’ishtar
levée d’aurore
comme une trêve
le temps aura passé,
volute voulue
– rêvolue, déjà
fumée bleutée
insaisissable

clinque, baudrier

de stupre et d’obscur s’encorbellent tendresses
et euphories grisées de leur rupture de ban
les foehns emportent vers l’astroport
des ouranotropes les zeppelins de zibeline

patience ! au jour et à l’heure dite, ils arriveront de l’est,
dans les champs pâles s’ombreront les iris
tandis qu’à l’aveugle se noueront des langues inconnues

on apprend qu’ici s’est trouvée frappée au coin du bleu
cette parure de nacre enchâssée d’une pierre d’ivresse
et qu’où le calligraphe traçait ses arabesques
une flamme passante incendia les breloques,

aussi sur cette ligne fleurissent les cinéraires
comme dans les poussières d’étoiles s’écrivent
les tóxonomies d’orion chantant les lèvres de grenade