Le soir avant mon départ pour mes vacances tant attendues, BOUM! Voilà multiples attentats à Paris, la vie est peine, douleur et inquiétude. Je pars avec un peu de culpabilité d’ainsi m’octroyer un moment de paix, de soleil, de chaleur et de mer pour moi au milieu de ce drame. Ce drame, qui touche mes cousins, mes cousines, mes tantes, mes oncles, des amis, des amis de mes amis, des connaissances, qui me touche moi, qui te touche toi.
La nouvelle…sacrifice » la nouvelle » ….voyons donc ce n’est pas une nouvelle, comment pourrions-nous noter ce malheur comme la nouvelle de l’heure ? Cet évènement ? Cette bombe?… Cette bombe, peut-être mais c’est pire qu’une bombe, un cataclysme, une catastrophe, une colère incommensurable, un tsunami du malheur humain.
Well, Paris est partout, directement sur le grand écran en arrivant à l’hôtel en bord de mer, dans ce lobby festif, coloré et accueillant…Yah Man ! Welcome to Jamaica!
Au bord de la plage, tablette, iPod et téléphone intelligent de nos voyageurs pour la plupart Européens, sont connectés eux aussi sur la présente misère qui fait rage à Paris. Ouep ! On prend des vacances pour se déconnecter dis-t-on! Mea culpa, moi la première ! La vie est meilleure à la plage, « Life is better at the beach » que j’ai mis sur ma photo de profil Facebook, pour ensuite y ajouter les couleurs de la France en filigrane. Effectivement qu’elle l’est, en ce moment. Sous cette chaleur, avec ce soleil et cet océan, Paris me paraît bien loin, mais à la fois très proche dans mon cœur.
Lors de ma première connexion Wi-Fi, sur mon balcon au deuxième étage de mon bungalow/chambre, dont la vue donne sur le jardin, pour récupérer ma Presse virtuelle après avoir donné mes coucous à mes enfants, mes parents et amis, je fus assez déçue. Déçue d’une partie du peuple, déçue de partir en questionnement politique, économique et social… Trudeau réitèrera-t-il sa décision d’enlever les troupes, une pétition contre les 25000 réfugiés…et j’en passe. Outrée de voir le genre humain partir de suite en questionnement nombriliste. Où est votre compassion, peut-on vivre le deuil, accompagner ma famille, vos cousins ?
Peut-on réellement penser que de bloquer nos frontières mettra fin au terrorisme? (sérieusement je déteste ce mot, surutilisé a tout escient) Donc je recommence ma question :
Peut-on réellement penser que de bloquer nos frontières mettra fin à la guerre ? Car tout compte fait, ce n’est pas du terrorisme que l’on vit, mais bien la guerre, dans son simple appareil. LA GUERRE, point. Et cette guerre, si vous ne le savez pas encore, elle n’en n’a plus de frontières, elle explose sa colère où elle veut. Je pourrais réécrire le même paragraphe et dire « bloquer les religions », » bloquer les radicalisés » ce serait juste des mots perdus…du simple radotage.
Je suis de ceux qui ne barrent pas leurs portes, un voleur qui veut voler, volera et le plus extrémiste d’entre eux, volera coûte que coûte même si les portes sont barrées, même avec un système d’alarme. Je fais tout simplement confiance à mon prochain, je connais le risque, je sais que cela peut arriver, je ne suis pas une hurluberlue inconsciente, mais je persiste dans l’espoir et la confiance dans mon prochain.
De ma chaise longue aux coussins rouges, qui sont de loin les plus confortables sur lesquels je me sois allongée, mon corps balayé par le vent chaud et salin qui fait en sorte de diminuer l’effet du soleil sur ma peau, (oui j’ai mis ma crème) je me sens juste impuissante. Je le serais aussi dans mon salon, dans mon auto, au Québec, je le serai tout autant en Alaska ou à Tombouctou. Je le serais peut-être moins à Paris, mais encore rien n’est garanti.
Que puis-je faire concrètement contre des gens dépourvus de conscience, de compassion, dépourvus de moralité, de respect du prochain et aveuglés par une idée, des idéaux auxquels ils ont décidé d’adhérer, croyant le tout leur réalité. Ces gens n’ont pas la foi aveugle, ils ne tuent pas par foi et convictions….ils n’ont justement plus foi en rien, et encore plus que moins en eux, en l’humain et en l’humanité. Malheureusement, cela semble être une tendance à la hausse.
Que n’a-t-on pas appris et/ou compris encore ? Après des milliards de milliards de dollars engloutis dans la sécurité nationale, dans les drones hyper performants, dans les raids et les bombardements, dans un contrôle oppressif de tous et chacun, dans ce gaspillage sans fond aux valeurs dites de protection ? Je ne sais pas, mais je constate seulement que plus on essaie de protéger, moins on se sent à l’abri et plus on augmente la peur envers notre prochain. Que plus on s’arme de technologie pour espionner l’ennemi, plus il fait acte de barbarie utilisant un « Terrorisme low cost », qu’on n’arrive jamais à voir venir ! Ou c’est peut-être juste moi qui comprend pas.
Je sais m’écarter dans le questionnement moi aussi, c’est inévitable et lucide. Je suis une soldat de l’amour, comme me l’a écrit une de mes amies et je t’en remercie et de là mon impuissance devant la barbarie actuelle. Devant l’humain qui se déshumanise. Auquel je cherche tous les jours à poser des gestes concrets envers mon prochain par le biais de mes valeurs de liberté, de tolérance, d’amour et d’entraide. C’est ma guerre à moi contre la haine en soi.
Assise dans mon lit de mon bugalow/chambre, la porte ouverte vers le jardin, la température est grise en ce moment. Le temps ici y est très changeant, mais combien reposant. C’est le calme, la douce chaleur du moment présent, qui me permet de terminer mon texte entre quelques gorgées de Red Stripe.
Je suis en pensée avec les tragiques évènements, avec Paris et avec la terre entière. Car si ces barbares sans âmes par leurs actes inhumains voulaient me faire peur, encore une fois, ils n’auront pas réussi et je souhaite de tout mon cœur qu’il en sera de même pour beaucoup d’entre vous.
Armons-nous de compassion pour les victimes et combattons les idéaux radicalisés d’intolérance et meurtriers, en ne devenant tout simplement pas comme eux.