Parlez-moi d’amour – 13 – Elena

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Parlez-moi d’amour – 13 – Elena

Elena Frolova & Marina Tsvetaiëva 1892-1941

Elena Frolova consacre depuis longtemps son talent à mettre en musique et à chanter les poètes russes de « l’Âge d’argent ». Et l’émotion est toujours au rendez-vous.

Elle chante ici son adaptation d’un poème chargé d’un profond mysticisme que Marina Tsvétaïéva écrivit, alors qu’elle n’avait que 26 ans, souffrant de famine et de froid, le 30 juillet 1918, à Moscou ravagée par la révolution :

Quand je serai fatiguée de vivre…

Et tu m’accueilleras : non pas comme une intruse,
Mais comme une épouse, parvenue au terme des jours.
Tu me diras : « Toi aussi, tu as beaucoup souffert ? »
Et tu me tendras ton bras.

Lire, écouter . . . !

Mais vieillir… ! – 33 – Seul ?…

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Mais vieillir… ! – 33 – Seul ?…

Perdu parmi tous mes habitants,
je ne suis plus seul,
et je ne suis plus celui qui parle le plus haut.

Jean-Michel Sananès (poète & éditeur)

Entre douce nostalgie des temps heureux d’une enfance lointaine aux contours pourtant si précis et désordre nébuleux d’un quotidien flottant parmi les caprices habités de la mémoire et du rêve : 

« Depuis que je m’habite »

Un poème introspectif de Jean-Michel Sananès dit sur des improvisations au piano sur le thème de ‘Au clair de la lune’, et illustré par des représentations picturales de l’immortel Pierrot.

Seul ? . . . 

– Certains poèmes, parfois, voudraient tellement nous persuader que nous les avons nous-même écrits. Le temps de les dire nous pouvons y croire… 

Doigts de fée pour magiciens

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Doigts de fée pour magiciens

Dix doigts de jeune fille pour redonner vie pendant quelques minutes seulement, hélas, aux styles des magiciens du piano-jazz tels que, entre autres, Jelly Roll Morton, Fats Weller, Ahmad Jamal, Bill Evans ou Oscar Peterson…

La fée virtuose originaire de Corée du sud, s’appelle Jimin Park

– nom d’artiste Jimindorothy.

Jimindorothy

Une fée pour dix-huit magiciens ! . . . 

Elle viendra – 25 – Santé ! les gars

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Elle viendra – 25 – Santé ! les gars

Trinquez sans moi
Quand je s’rai plus là
Santé ! les gars
Quand je s’rai plus là

René Magritte ‘Valeurs personnelles’ 1957 / Gilbert Bécaud 1927-2001

Gilbert Bécaud chante :

« Quand j’srai plus là »

Et, même si l’usure de nos mémoires estompe un peu trop le souvenir de nos connivences anciennes, nos verres, n’est-ce pas, ne refusent jamais de tinter au son de sa voix.

Santé ! . . .  Et à bientôt Gilbert

Meilleurs vœux 2026

Endormez-vous, rêves sanglants du roi Roger,
Qu’ils périssent dans les ténèbres,
Qu’ils s’écoulent dans le silence…
Écoutez comment chante la voix de la nuit,
Comment bat le cœur de la terre…

¤

Puissions-nous tous, humbles ou puissants, faire nôtres, à l’occasion de cette nouvelle année, les termes de l’incantation de Roxane exhortant, au deuxième acte de l’opéra de Karol Szymanowski, « Le Roi Roger », son monarque d’époux, roi de la Sicile du XIIème siècle, à la tolérance, l’apaisement et l’acceptation de substituer à la violence la douceur d’un humanisme résolument déterminé par la quête du bonheur.

Magdalena Lucjan  (soprano)
Duisburg Philharmonic Orchestra 
Direction : Jonathan Darlington

Et les vœux de ‘De Braises et d’Ombre’ . . . Monika Buczkowska (soprano) !

Parlez-moi d’amour – 12 – Mélancolie hivernale

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Parlez-moi d’amour – 12 – Mélancolie hivernale

… J’aimerais vivre avec vous
Dans une petite ville,
Aux éternels crépuscules,
Aux éternels carillons,

Marina Tsvetaieva 1892-1941 & Ossip Mandelstam 1891-1938

Une relation courte et passionnée entre deux voix parmi les plus puissantes de la poésie russe – parmi les plus tragiques également, ainsi qu’en décidera l’histoire de chacun –,  ne pouvait qu’être propice à l’écriture d’œuvres poétiques inoubliables.
Tel ce tendre poème qu’adressait en décembre 1916 Marina Tsvetaïeva à Ossip Mandelstam ; le désir rêvé ne pouvant cependant pas dissimuler les ferments d’une séparation annoncée. 

Et peut-être, ne m’aimeriez-vous même pas…

Joyeux Noël 2025 !

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Joyeux Noël 2025 !

Extrait d’un petit conte de Noël, poétique et surréaliste, écrit par le dramaturge et poète libanais Georges Schehadé dans les années 1950 :

« Récit de l’An Zéro ».

Georges Schehadé qui, après la publication de son premier recueil de poésies recevait de la main même de Paul Éluard les mots suivants :  « Je lis et je relis chaque jour vos poésies. Je vous en remercie… Votre livre me fait un bien que vous ne pouvez évaluer. Veuillez être assuré de toute mon admiration, de toute mon affection. »

Sourire de Noël ! . . . 

Fulgurances – LV – ‘Les portes’

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Fulgurances – LV – ‘Les portes’

Yvan Goll 1891-1950

Errance et quête de l’invisible exprimées à travers le poème symbolique « Les portes » d’Yvan Goll, poète bilingue de la première moitié du XXème siècle, au carrefour de l’expressionnisme allemand et du surréalisme français.

Pour ce perpétuel exilé la porte, objet banal, devient symbole multiple : du passage, d’abord, au sens métaphysique du terme, du connu vers l’inconnu ; de la quête du sens, ensuite, par la figuration des étapes vers la vérité ; et enfin de la transformation que supposent le mouvement et le temps.
La profondeur philosophique ne prive cependant pas le poème d’un accent romantique certain.

Lire . . . !

Treize ans !

Également publié ce 13 décembre 2025 sur « De Braises et d’Ombre »

« Treize ans c’est comme un jour et c’est un feu de paille
« Qui brûle à nos pieds maille à maille
« Le magique tapis de notre isolement »

.

– Do cholery! Trzynaście lat! *

*Traduction du polonais : Putain ! Treize ans ! 

Oh, Madame Szymborska, n’ayez pas honte ! Tout le monde ne parle pas polonais. Et puis, être lauréate du Prix Nobel de Littérature ne vous interdit pas la spontanéité d’une réaction… Et celle-ci ô combien justifiée.

Treize ans en effet qu’est paru sur « Perles d’Orphée » (relayé ensuite par « De Braises et d’Ombre ») le premier billet d’une série  de plus de 1800 quand rien alors ne présageait qu’un deuxième article aurait une chance d’exister. Rien ne présageait non plus, et pour cause, que vous viendriez aussi nombreux, amis ou inconnus, fidèles ou de passage, qu’importe, de tous les coins du monde, partager sur ces pages mes émotions esthétiques masquant à peine mes sentiments du moment.

Une treizième fois donc soyez en remerciés.

Treize ans. C’est après treize ans d’amour fusionnel qu’Aragon écrit pour son épouse et muse le « Cantique à Elsa », indissociable du célèbre et inoubliable recueil « Les yeux d’Elsa ». Un magnifique hommage amoureux certes, mais également, en filigrane, un message d’espoir et de résistance adressé au peuple de la France occupée des années 1940.

Notre pays, hélas, retrouve les vieilles odeurs de poudre, puisse-t-il ne jamais oublier la force de l’amour.

Cantique à Elsa

Ensemble nous trouvons au pays des merveilles
Le plaisir sérieux couleur de l’absolu
Mais lorsque je reviens à nous que je m’éveille
Si je soupire à ton oreille
Comme des mots d’adieu tu ne les entends plus.

Elle dort Longuement je l’écoute se taire
C’est elle dans mes bras présente et cependant
Plus absente d’y être et moi plus solitaire
D’être plus près de son mystère
Comme un joueur qui lit aux dés le point perdant.

Le jour qui semblera l’arracher à l’absence
Me la rend plus touchante et plus belle que lui
De l’ombre elle a gardé les parfums et l’essence
Elle est comme un songe des sens
Le jour qui la ramène est encore une nuit

Buissons quotidiens à quoi nous nous griffâmes
La vie aura passé comme un air entêtant
Jamais rassasié de ces yeux qui m’affament
Mon ciel mon désespoir ma femme
Treize ans j’aurais guetté ton silence chantant

Comme le coquillage enregistre la mer
Grisant mon cœur treize ans treize hivers treize étés
J’aurais tremblé treize ans sur le seuil des chimères
Treize ans d’une peur douce-amère
Et treize ans conjuré des périls inventés

Ô mon enfant le temps n’est pas à notre taille
Que sont mille et une nuit pour des amants
Treize ans c’est comme un jour et c’est un feu de paille
Qui brûle à nos pieds maille à maille
Le magique tapis de notre isolement

Derniers rayons d’automne

Vient de paraître sur « De Braises et d’Ombre »

Derniers rayons d’automne

Par l’imagination nous abandonnons le cours ordinaire des choses. Percevoir et imaginer sont aussi antithétiques que présence et absence. Imaginer c’est s’absenter, c’est s’élancer vers une vie nouvelle.

Gaston Bachelard – L’air et les songesEssai sur l’imagination du mouvement

Plus simple l’objet, plus grande la rêverie.  

Échapper à la gravité par le rêve : l’enchantement poétique de quelques feuilles mortes habilement animées…

« Imaginer c’est s’absenter » ! . . .