Tristesse
Comme naguère la plume du stylo glissant sur le papier avec sensualité..j’aime quand un mot danse dans la tête, se désarticule, s’enhardit… Chaque lettre m’offre un plaisir visuel et j’ose le dire …auditif . Des images défilent je m’y prélasse volontiers … C’est peut-être ce qui explique que j’aime tant les chats…
T R I S T E SS E …
Imaginez ce mot calligraphié à la plume…
Le t perchoir ou mur certitude s’avère planche glissante … Après la surprise de la nouvelle .. c’est la longue descente…le r ne vous aidera pas ..oh non .. l’air se comprime ,gonfle votre poitrine ,comprime votre cœur jusqu’à l’étourdissement … et c’est la longue marche pénible … » Trist » comme les pieds qui s’enfoncent dans une neige hostile , ce crissement vous le connaissez .. et voilà que vous devez le revivre …
I pointu tentera , petit cri de s’échapper de votre gorge comme un oiseau de sa cage..Il vient de loin..
S……est-ce possible …est-cela vivre … Les questions s’insinuent , se lovent .. Les émotions tapies se distillent au gré des heures , des jours et des longues nuits sans sommeil…
T dressé sur notre route aveuglée, on tente de s’y accrocher … le livre, l’ami ou l’épaule ….
Esse … Parfois un soupir un peu libérateur…. Un engourdissement bienfaisant … S .. ressort … le retrouvera-t’on … circonvolution… évolution patiente… cramponnée …
E muet … Témoin… Il le sait … Ce sera indélébile… Mais dessinez le … Ses courbes vous entraînent … Espace temps…
Étonnement de vivre encore … Certes » plus comme avant » 
S o u v
u o s v
o v s u
v o u s
merci d’être là … De ne pas être las de venir entre mes silences Et m’encourager .Merci de chanter Lalalalala à chaque fois Sans tralala parce que c’est VOUS parce que c’est MOI
Le b a bien tenté de faire barrage…
Oui, retenir le rayon de soleil !
Le r, autre consonne a voulu tendre un bras
Aller de l’avant , optimiste et béatement .
Làs …
Que faire devant l’alliance de trois voyelles?
Sorcières maléfiques ,
Pérorantes , fières : « Viens, toi, disaient- elles
Alliées elles forment un oui, un « mais si « !!
Gain de cause : oui mais muselées c’était sans compter sur les l aux lassos agiles
On ne les entendit plus …Pauvres l mouillés maintenant :
Les gouttelettes s’incrustaient , se lovaient : ils en frissonnaient . Où est l’horizon ? Ils se tendaient , s’arcboutaient et l’ouate les enveloppait .
A : étonnement , découragement , soumission .
Le R raidissait les articulations, vieille chaîne rouillée , entravait la progression , les étirements vers le ciel bouché , aplati.
Que faire ?
Làs ….
le D ,sentinelle bedonnante mais efficace et si borné obéissait aux ordres: on ne passe plus… On ne bouge plus !
Brouillard !
Dorothée
jolie poupée
Enfant gâtée

Veut se marier .
Son rêve de conte de fées.
Carrosse
Voile d’un hectare de long
Je serai la plus belle
C’est la ritournelle
Visite de châteaux
Manoirs
Domaines
Rien n’est assez beau

Le pauvre cuisinier
quant à lui
Devra réaliser
Son portrait
en pièce montée
Mais ..quel nez!
Comment ne pas choquer
Dorothée tape du pied
Qu’elle devra … Chausser
La vendeuse dégouline
Et plaint déjà le marié
Armée de son chausse- pied
Il lui vient une idée
L’assassiner
La réduire en bouillie
Son amoureux vient
de la quitter
Et voilà que cette fille
….
Non pas d’exécution
La prison c’est long
Exécutons les ordres
Sinon pas de rémunération
La liste est longue
Longue est la liste
M.ême un poivrier
Fait l’objet de longs palabres
Le services à huitres
La pince à sucre
C’est que: le bonheur
Passe par mille détails
Indispensables!
Les pauvres témoins excédés
Regrettent amèrement
Cette mission
Ils prennent des calmants
Dorothée ne le sait
Mais autour d’elle un grand vide se crée
C’est bien seule qu’elle vivra
La suite de son épopée
Dorothée est ch…….
Et le restera
Hélas, de longues années!
C’est que …
Ce sont les meilleurs
Qui partent les premiers!
Pipette raffole
De se pousser du col
Pipette jubile
Si elle domine
Un monde de babioles.
Pipette batifole
Extrapole
Extra :voici Paul !
Paul poli
Polichinelle
S’embrouille dans ses ficelles
Pipette avec ses copines
Fait la folle
Il faut qu’on parle d’elle
Pipette contrôle
Son petit univers
Pipette aime sa cour
Guette de sa tour
De contrôle
La moindre nouvelle.
Aspasie , souvent, a frôlé l’aphasie
Envahie par sa belle famille
ses us et coutumes :
tant d’énergies déboulant chez elle
Elle ne savait où se mettre en territoire conquis!
A force d’être gentille
de vouloir partager, faire plaisir
d’être la brave fille
Aspasie s’est niée, oubliée
N’a pas dit NON
Au nom de l’affection a connu la prison .
Aspasie s’est niée, oubliée .
Aspasie comme une éponge a absorbé
mais maladroite dans la vie pratique
désorganisée
n’a pas senti le piège se resserrer
l’encercler, l’étouffer .
C’est que cette pauvre fille regardée avec commisération
était renvoyée à ses livres
tandis que les majordomes
prenaient possession
décidaient , arrangeaient sa vie
la rythmaient en réunions
en obligations
prenaient des décisions
sans poser de questions
« c’est comme ça » « y a qu’à «
les dikctats, les « faut pas »
tentaient de la forger , modeler , façonner.
Aspasie ne faisait que travailler, gagner sa vie , étudier, se recycler, payer …
Non , elle n’était pas gâtée .
Mais à la maison, somme toute, elle ne faisait que « passer «
n’arrivait à rien forger ..
C’est sa faute: elle n’avait qu’à « gueuler »
elle a fini par tomber endormie
pillée, consumée, pétrifiée
un triste zombie …
Mais rassurez-vous ..
Cette histoire est bien finie
Elle a repris les clés
et mis un écriteau « chasse gardée »
même si dans ses cauchemars tout est à recommencer
et qu’elle n’en finit plus de hurler !

Oui … Moi …
Moi parce que c’est toi
Nous avons un petit nous
Balisé les ils
Mis quelques barbelés parfois .
Envie de sauter la clôture des fois
Ouvrir la porte
Prendre l’air
Un autre
un différent
Mais nos différends
N’ont tout de même pas entaillé
Le toi et moi
On est toujours sous le même toit …
On a différé … On s’est calmés
On ne sera jamais indifférents
Même si avec la vie, les jours, les heures
C’est devenu … Différent .

Allo … C’est Moi
Je ne sais plus trop qui parfois
Est ce moi sans toi

Allo … C’est toi?
Dis… Comment tu vas ?
C’est dans la foule
Agrippée au GSM
Devant ce bâtiment
Que je sens
La fragilité des petites habitudes
Du plancher des vaches

Allo?
Je ne le dis plus mécaniquement
Machinalement
C’est une nouvelle MOI
Et TOI ?
Dis?
