
La vie qui passe dans les interstices des lettres envoyées, les souffrances qui subsistent chez celle qui veut ainsi mettre de l’ordre, trouver l’expression la plus impropre, la plus pudique, à la délicatesse des sentiments qu’elle tente, en dépit de son aveuglement, de continuer à porter sur le monde et ses correspondants. Dans ce premier roman sensible, sans sensiblerie, Virginia Evans déploie le portrait contrasté d’une vieille femme qui perd la vue, compose avec le deuil et la culpabilité de la mort d’un de ses fils, les rapports difficiles avec sa fille, le soutien à un gamin paumé, les lettres à des écrivains, à ses amis, à ses amours puis à sa famille retrouvée. Sous son plaidoyer pour la sincérité épistolaire — le masque qu’elle constitue et l’attention à l’autre qu’elle appelle – La correspondante déplie les secretset les douleurs d’une femme traversant le temps, à l’écoute.



